« Dry Leaf », éloge de la trajectoire imprévisible du ballon de foot… et de l’errance au cinéma
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Soyons clair, les films d’Alexandre Koberidze, fan de football, ne remplissent pas les stades. Mais tel n’est pas le but du cinéaste, né en 1984, figure de la nouvelle vague géorgienne et auteur, entre autres, de Let the Summer Never Come Again (Grand Prix au FID de Marseille, en 2017), et du magique Sous le ciel de Koutaïssi (2022). La trame libre et poétique de ses films, régulièrement primés dans les grands festivals, a vite capté l’intérêt d’un public cinéphile.
L’amour que Koberidze voue au ballon rond n’a d’égal que celui qui l’anime pour le cinéma, en tant qu’expérience dessillant le regard. De fait, Dry Leaf est une extraordinaire performance visuelle, au milieu des rectangles de pelouses vides. Un voyage un brin burlesque dans la Géorgie rurale, de trois heures et six minutes, entre terrains humides et feuilles sèches (ou mortes, traduction de Dry Leaf).
Ce troisième long-métrage, qui sort en salle en pleine Coupe du monde, pourrait être un éloge de la trajectoire subtile et indéfinissable du ballon rond (quand il est bien lancé), et du récit au cinéma (quand il nous tient en haleine). C’est l’histoire d’un homme (David Koberidze, père du cinéaste) qui part à la recherche de sa fille, disparue. La jeune femme, photographe, capture d’innombrables images de stades, qu’elle envoie ensuite à un journal. Un jour, elle part sans donner d’explications, si ce n’est une lettre énigmatique à l’attention de ses parents. Son père décide de parcourir les terrains de foot des villages alentour, espérant ainsi la retrouver.
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