Rendez-vous majeur de l’été musical à Cluny (Saône-et-Loire), le festival D’aujourd’hui à demain célèbre son 25e anniversaire, jusqu’au samedi 11 juillet, par une programmation inventive de la musique contemporaine. Comme son nom l’indique, la manifestation aspire à relier le temps présent, illustré par des musiciens chevronnés, et l’avenir, esquissé par les jeunes générations. L’affiche du mardi 7 juillet a fourni un bel exemple de cette démarche soucieuse de transmission. La journée débutait, à midi, à l’hôtel des Monnaies, par un « concert-apéro » où des musiques fraîchement écrites étaient servies sur un plateau de circonstance. Etudiants en fin de cycle au conservatoire à rayonnement régional de Paris, la plupart des interprètes et des compositeurs investis dans ce miniconcert sont en effet à l’origine des œuvres.
Ce lien revêt un caractère particulier dans le cas de la pièce de Gaëtan Lancézeux, 21 ans, donnée en création en début de concert. Intitulé Charge en hommage à la salle du trac, ce trio pour saxophone (Aglaé Bonnet), violoncelle (Stéphane Bonneau) et flûte (Auriane Réminiac) est né d’un incident survenu dans la « salle du trac » du conservatoire, ainsi nommée parce que les musiciens s’y préparent avant de passer une audition. Le compositeur y aurait fracassé un mur au cours d’une attente insupportable… A base d’éclats, les premières pages de sa partition font écho à cette attitude intempestive et tardent à trouver une cohérence dans l’assemblage des débris. Gaëtan Lancézeux se produit ensuite comme trompettiste pour interpréter deux solos d’une grande difficulté. Le premier – Solus, de Stanley Friedman – est un morceau de bravoure sans intérêt musical. Le second – Gestuelles 1, de Pablo Vargas Loyola –, captive de bout en bout.
Il vous reste 56.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.