La série médicale The Pitt et la comédie sur les déboires d’une humoriste vieillissante Hacks ont pris la tête de la course aux Emmy Awards, mercredi 8 juillet, l’équivalent des Oscars de la télévision américaine. La première a 25 nominations et part favorite pour le titre de meilleure série dramatique, tandis que la seconde a obtenu 24 nominations.
La 78e cérémonie des Emmy Awards se tiendra le 14 septembre à Los Angeles, et sera présentée par Mariska Hargitay, actrice popularisée par la série New York Unité spéciale.
Sorte de croisement entre Urgences et 24 heures chrono, The Pitt a déjà été élue meilleure série dramatique l’an dernier grâce à son rythme haletant, qui suit heure par heure la journée des urgentistes de l’hôpital de Pittsburgh (Pennsylvanie). Sa deuxième saison voit notamment des agents de la police de l’immigration amener une femme blessée aux urgences, et fait allusion aux menaces pesant sur la recherche médicale à cause des coupes budgétaires de l’administration Trump. Noah Wyle, remarquable en chef de service débordé, part encore favori pour le prix du meilleur acteur.
Mais la domination de The Pitt pourrait être contrariée par une nouvelle venue, Pluribus, qui frappe fort avec 18 nominations. Imaginée par le créateur de Breaking Bad, Vince Gilligan, cette série fait sensation avec son scénario dystopique, porteur d’une réflexion ambitieuse sur l’injonction permanente au bonheur. Elle suit le calvaire d’une romancière misanthrope, immunisée contre un virus qui a rendu l’humanité entièrement béate et heureuse. Déjà récompensée par un Golden Globe en janvier, son interprète, Rhea Seehorn, est largement pressentie pour l’Emmy de la meilleure actrice.
Les autres prétendantes au titre de meilleure série dramatique incluent notamment le drame politique La Diplomate, le feuilleton d’espionnage Slow Horses et la série fantastique A Knight of the Seven Kingdoms, située un siècle avant les événements de Game of Thrones. Chacune de ses séries a obtenu 9 nominations.
Dix-neuf nominations pour « Widow’s Bay »
Côté comédies, les nominations projettent également un duel entre une fiction reconnue et une nouveauté séduisante. L’ultime saison de Hacks, clash de générations entre une humoriste vieillissante et sa jeune assistante, mène la course. Sa star, Jean Smart, qui incarne cette gloire du stand-up en difficulté, a déjà remporté quatre Emmy Awards pour ce rôle et est, bien sûr, une nouvelle fois nominée.
Mais le succès de HBO Max est suivi de près par Widow’s Bay, nouvelle série décalée d’Apple TV nommée dans 19 catégories. Matthew Rhys y brille en maire loufoque d’une île de Nouvelle-Angleterre, désireux de doper le tourisme sur son bout de caillou brumeux, que les habitants croient hanté. Face à ces deux favoris, la concurrence reste toutefois relevée.
Il faudra notamment compter avec la troisième saison de Shrinking (9 nominations) et son duo de psys attachants, incarnés par Jason Segel et Harrison Ford, sérieux prétendants pour l’Emmy du meilleur acteur et celui du meilleur second rôle masculin. La série culinaire The Bear : sur place ou à emporter (8 nominations), est également dans la course.
La catégorie mini-séries, limitées à une seule saison, sera également très suivie, après les succès fulgurants d’Adolescence et de Mon petit renne lors des éditions précédentes. Cette année, c’est Love Story : John Kennedy Jr. & Carolyn Bessette, qui a fait le buzz. Le feuilleton, qui retrace l’histoire d’amour entre le rejeton du président américain assassiné et sa femme arrachée à l’anonymat dans les années 90, avant leur mort tragique dans un accident d’avion, est devenu la série la plus regardée sur Disney+.
Mais il n’a obtenu que six nominations et part donc désavantagé face à Acharnés (16 nominations), anthologie sur la rancœur humaine dont la deuxième mouture met en scène trois couples bourgeois multipliant chantages et coups bas.