Elayce Ismail, metteuse en scène : « Je veux qu’Esteban Montejo soit perçu comme l’homme puissant, astucieux, cynique, plein d’humour et sage qu’il était »
Elayce Ismail présentera son premier opéra au Festival d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), du 17 au 20 juillet, avec El Cimarron, de Hans Werner Henze. En 2022, la Britannique avait participé à l’atelier « Women Opera Makers », animé par Katie Mitchell à l’Académie du festival. Formée à la London International School of Performing Arts, Elayce Ismail a été initiée aux concepts développés par Jacques Lecoq, axés sur la création collective et un théâtre physique. D’abord engagée comme interprète au sein de la Shakespeare Company ou de l’English National Opera, la jeune femme s’est progressivement tournée vers l’écriture et la mise en scène, œuvrant notamment aux côtés du nouveau directeur du festival, Ted Huffman (Le Songe d’une nuit d’été, de Britten, à Montpellier en 2019). Son travail s’intéresse aux récits politiques contemporains, capables de toucher un large public. Sa dernière production tournée en France, l’opéra 4.48 Psychosis, de Philip Venables, d’après Sarah Kane, a été donnée à l’Opéra national du Rhin en 2019, et reprise à la Philharmonie de Paris en 2021.
Pourquoi avoir choisi l’opéra de Hans Werner Henze « El Cimarron » ?
Ted Huffman me l’a proposé et j’ai été enthousiasmée par l’idée de participer à sa première saison au Festival d’Aix. El Cimarron raconte l’histoire poignante d’Esteban Montejo, un ancien esclave cubain qui a vécu jusqu’à l’âge de 112 ans et a été témoin de grands changements sociaux et politiques tout au long de sa vie. Le texte s’inspire du témoignage de Montejo, rapporté en 1966 par l’ethnologue et poète cubain Miguel Barnet dans Biografia de un cimarron.
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