La carrière de Boulbon, l’une des lieux mythiques du festival d’Avignon, peut se révéler, pour certains artistes, être un cadeau empoisonné. Dans ce site magnifique en pleine nature à une quinzaine de kilomètres de la cité des Papes, la troupe du tg STAN semble écrasée par la falaise de pierres qui surplombe la scène. Le réputé collectif belge a beau jouer 1, 2, 3 Poquelin dans un dispositif trifrontal, la complicité recherchée avec le public n’opère pas. Boulbon est trop grand, trop majestueux pour cette proposition de théâtre de tréteaux d’une simplicité radicale que ce soit dans la forme ou dans le jeu.
L’espoir d’un festin ludique de Molière de plus de quatre heures s’est transformé, lundi 13 juillet, jour de première, en pique-nique trop long et sans saveur. Toutes les craintes que nous partageait cette troupe lorsque nous l’avons rencontrée en juin à Anvers en répétitions, se sont malheureusement réalisées.
Ils ont beau tenter d’utiliser tout l’espace (descendant de scène, parcourant les travées), la distance avec les spectateurs des gradins est trop importante pour que les comédiens et comédiennes puissent réellement entrer en contact avec eux. Quant au port de micros (auquel le collectif n’est pas habitué mais qui est indispensable à Boulbon), il nuit à leur manière enfantine de jouer.
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