Vingt-cinq listes pour trois assemblées, dans un territoire d’à peine plus de 265 000 habitants. En Nouvelle-Calédonie, les élections provinciales qui doivent se tenir le 28 juin, après avoir été repoussées à trois reprises, sont le reflet d’un territoire profondément divisé par les violences de 2024 et les discussions sur l’accord contesté de Bougival. Ce dernier a été rejeté début avril par l’Assemblée nationale, faute de consensus local.
Seule la branche dure des non-indépendantistes, sans être exempte de dissensions, échappe à la désunion. Dans la province Sud, où la présidente sortante et cheffe de file des Loyalistes, Sonia Backès, fait figure de grande favorite. Mais aussi dans celle du Nord, où pour la toute première fois, une seule liste non indépendantiste sera présente.
Or, dans ce scrutin à la proportionnelle à un seul tour, chaque voix est précieuse. Le seuil à franchir pour obtenir des sièges est fixé à 5 % des inscrits et non pas des votants. Une barre particulièrement haute, alors que l’abstention a dépassé les 30 % lors des dernières élections de ce type en 2019. Les divisions peuvent donc coûter très cher. En 2019, les non-indépendantistes n’avaient d’ailleurs obtenu que trois sièges dans le Nord, la liste conduite par les modérés de Calédonie ensemble ayant raté de peu la barre des 5 %. En partant unis et renforcés par les troupes du député affilié à Renaissance Nicolas Metzdorf, qui a quitté Calédonie ensemble pour fonder sa propre formation, les non-indépendantistes peuvent espérer obtenir quatre voire cinq sièges.
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