En guerre contre la Russie depuis 2022, l’Ukraine compte chaque jour de nouveaux morts. Pour le grand public, ils se réduisent souvent à une litanie de chiffres sans visage ni passé. Il arrive, pourtant, que certains sortent de l’anonymat. C’est le cas d’Oleksi Ioukov, mortellement blessé, le 5 août, par l’explosion d’une mine dans la région de Donetsk, dans l’est du pays. Trois semaines plus tard, la disparition de cet homme, âgé de 40 ans, émeut encore au-delà de ses proches, et même jusqu’en Russie. Surnommé le « collecteur d’âmes », il consacrait sa vie à la récupération des corps de soldats sur le front – y compris de nombreux Russes – et de civils tués pendant la guerre.
Le 8 août, des milliers de personnes ont assisté à l’office religieux orthodoxe célébré en la cathédrale Saint-Volodymyr, à Kiev. Il faisait suite à une cérémonie organisée en son honneur dans sa ville natale de Sloviansk, dans la province de Donetsk. « Peut-être que les dieux ont décidé qu’il était temps pour lui d’entrer dans le monde des morts », a déclaré son épouse, Yevheniia Kaluhina, lors de ces hommages. « Vous êtes tous formidables, le peuple ukrainien est le meilleur, nous nous battons pour notre liberté », a-t-elle ajouté, à l’adresse de ceux venus saluer sa mémoire. Une manière de rappeler que l’engagement des civils auprès de l’armée régulière joue un rôle crucial dans cette guerre.
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