Culture

Enki Bilal, auteur de BD : « Ceux qui me disent que ce que je faisais avant était mieux ne savent pas lire »

Enki Bilal, auteur de BD : « Ceux qui me disent que ce que je faisais avant était mieux ne savent pas lire »

Les ouvriers s’affairent au rez-de-chaussée du 22 de la rue Charlot, en plein cœur du Marais, à Paris, vendredi 5 juin. La sculpture qui accueillera, quelques jours plus tard, les visiteurs du tout nouveau Fonds Enki Bilal n’a pas encore été livrée, et le hall est pour l’instant occupé par la bibliothèque en bois, posée à l’horizontale. Lorsque l’auteur de bande dessinée déambule dans la poussière des travaux, relevant, çà et là, un nom manquant sur un cartel, sa voix est couverte par le bruit tonitruant de la perceuse. Une bande-son parfaitement raccord avec les planches exposées qui esquissent, chacune à leur manière, une certaine esthétique du chaos.

Rares sont les auteurs de BD à bénéficier, de leur vivant, d’un espace permanent consacré à leurs œuvres. « Je ne suis pas du tout à l’origine de l’idée, nous assure-t-il d’emblée, renvoyant sa paternité à Jean-Baptiste Barbier, galeriste spécialisé dans le neuvième art. Je ne voulais certainement pas d’un musée. Une fondation, ça ne me disait rien non plus. Un fonds, pourquoi pas, surtout si ça pouvait être un lieu de rencontre avec d’autres artistes et que cela devienne un lieu de transmission… » Qu’importe le nom : l’endroit reste exceptionnel. Mais Enki Bilal n’est-il pas, dans l’univers de la bande dessinée, un cas à part ?

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