« J’ai l’impression d’être tombé de ma chaise », reconnaît le député de l’Indre François Jolivet (Horizons), qui a rendu publique une évaluation de la politique du logement social dans les outre-mer, mercredi 10 juin. « La situation est sans commune mesure avec la situation en métropole », complète l’initiatrice et corapporteuse de ce rapport, la députée de La Réunion Karine Lebon (groupe Gauche démocrate et républicaine).
Ces 256 pages, publiées après cinq mois de travail, commencent par rappeler quelques chiffres saisissants sur la situation de ces territoires, où réside un peu plus de 4 % de la population. Le taux de pauvreté y est deux à cinq fois plus élevé que dans le reste du pays (27 % à la Martinique, 36 % à La Réunion, 77 % à Mayotte…) ; la crise du logement y est profonde, avec une baisse de la part des résidences principales, des loyers privés médians presque aussi coûteux qu’en région parisienne (16,20 euros le mètre carré hors charges) et « une pénurie généralisée » de terrains aménageables. Le mal-logement concerne près de 30 % des habitants, contre 6 % dans l’Hexagone, avec notamment 40 000 logements sans aucun point d’eau ; l’hébergement d’urgence est très peu développé (1,3 place pour 1 000 habitants, 3 pour 1 000 ailleurs), malgré « l’explosion de la demande ».
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