Culture

Festival d’Avignon : nos 14 coups de cœur du « off »

Festival d’Avignon : nos 14 coups de cœur du « off »

Les critiques du Monde arpentent depuis une semaine les rues de la cité des Papes dans le dédale du Festival « off » d’Avignon, qui se poursuit jusqu’au 25 juillet. Parmi la profusion de propositions (quelque 1 700 spectacles), ils ont assisté à des dizaines de représentations. De cette plongée théâtrale voici ce qu’ils ont, pour l’heure et pêle-mêle, retenu.

« Voyage en Ataxie », de Gilles Ostrowsky et Sophie Cusset

Ce spectacle commence par une histoire déchirante. En 2017, le comédien, auteur et metteur scène Gilles Ostrowsky perd l’équilibre en se levant. Ce symptôme est le premier d’une maladie neurologique rare, dont il est mort en février. C’est aussi le point de départ d’un long parcours médical et intime pour diagnostiquer le mal et apprendre à (sur)vivre malgré des sens qui se dérèglent. C’est enfin la matière de ce bouleversant Voyage en Ataxie, qui se révèle un sommet d’intelligence de jeu, mais aussi d’humour. Car on rit beaucoup dans ce spectacle se déroulant sur un plateau uniquement décoré de matelas gonflables anthracites, et interprété par un épatant trio. Parmi eux, un Grégoire Oestermann qui impressionne en médecin névrosé, accompagné par Thomas Blanchard, à qui l’auteur fut un jour contraint de laisser son rôle, et par son fils, Léon Ostrowsky. Y. B.

« Panaris », de Lotus Guibot et Maud Sauvage

Un saumon, un panaris, Pierre Bourdieu. A première vue, le lien entre ces trois éléments semble plutôt ténu. Pas pour la jeune compagnie dijonnaise GR21, qui en tire un enthousiasmant spectacle où le destin d’un saumon prénommé Edmond et le panaris d’un comédien servent de motif à une pièce drolatique destinée à illustrer la sociologie de Pierre Bourdieu (1930-2002). Habitus, capital culturel, distinction sociale : les grands concepts de La Distinction (1979) font à la fois la matière et l’objet de cette création très rythmée, et qui foisonne de bonnes idées. D’un podcast hilarant avec Edmond à un sondage réalisé auprès du public sur ses goûts culturels nourrissant une séquence savoureuse, Panaris traite avec finesse l’éternelle question de la liberté et du déterminisme, tout en prouvant qu’on peut offrir un spectacle politique engagé où l’on ne cesse de s’amuser. Y. B.

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