Depuis une dizaine d’années, de nombreuses villes en Europe et dans le monde ont choisi d’honorer des combattants ukrainiens ou des opposants politiques à Vladimir Poutine en baptisant des rues, des places ou des parcs à leur nom dans le voisinage immédiat d’ambassades de la Fédération de Russie. Ce type de provocation n’est pas nouveau : on en trouve la trace au moins jusqu’en 1948, lorsque Ibn Saoud a choisi de renommer la rue du consulat américain à Djedda « rue de la Palestine ». Le souverain saoudien voulait alors marquer publiquement son opposition aux Etats-Unis, qui soutenaient Israël dans la guerre israélo-arabe.
Mais il semble que le phénomène se soit intensifié ces dernières années. Sur 32 renommages hostiles identifiés par Les Décodeurs, 27 ont eu lieu depuis 2018. Parmi eux, 21 concernaient la Russie.
Un « acte d’hostilité permanente »
Ces actions de renommage sont d’abord très symboliques : elles forcent les diplomates à s’associer publiquement à une entité qui les conteste. Comme le souligne Elise Rousseau, professeure de relations internationales à Sciences Po Paris, cela représente rien de moins qu’un acte d’hostilité envers un pays étranger : « Une plaque de rue installe durablement une accusation dans l’espace public. »
Mais pas seulement. Elles ont aussi des conséquences très concrètes en obligeant le personnel diplomatique à vivre avec, car ces noms peuvent apparaître sur :
les cartes de visite ;
le courrier reçu ;
les en-têtes du courrier envoyé ;
les plans d’accès pour les visiteurs ;
les cartons d’invitation et autres communications ;
les GPS et autres cartes ;
et, forcément, les plaques dans la rue, parfois situées devant l’entrée de l’ambassade.
les cartes de visite ;
le courrier reçu ;
les en-têtes du courrier envoyé ;
les plans d’accès pour les visiteurs ;
les cartons d’invitation et autres communications ;
les GPS et autres cartes ;
et, forcément, les plaques dans la rue, parfois situées devant l’entrée de l’ambassade.
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