Gérald Marie, ancien dirigeant de l’agence de top models Elite, visé par six plaintes pour viols et traite d’êtres humains
Six femmes, la plupart de nationalité américaine, ont déposé plainte à Paris, mercredi 15 juillet, pour viols et traite d’êtres humains à l’encontre de Gérald Marie, ancien responsable de la plus prestigieuse agence de mannequins au monde, Elite, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) leur avocat, Mathias Darmon.
Ces six plaintes, avec constitution de partie civile, s’inscrivent « dans le sens de la plainte du 5 juin 2026 déposée par Carré Otis » à Paris, a expliqué Me Darmon, confirmant une information du journal Le Parisien. Agée de 57 ans, l’Américaine, ancienne mannequin star des années 1980-1990, accuse Gérald Marie de « viols sur mineurs commis lorsqu’elle était âgée de 17 ans » et de « traite d’êtres humains ».
Toutes de nationalité étrangère, les six plaignantes réclament des poursuites à l’encontre de l’ex-directeur Europe d’Elite, désormais septuagénaire. Elles sont âgées d’environ 45 à 60 ans et une d’elles était mineure au moment des faits présumés, a précisé leur conseil.
« Gravité exceptionnelle »
Dans les plaintes déposées sont mises en avant les « déclarations concordantes » des plaignantes. « Gérald Marie, alors dirigeant d’une agence internationale de mannequins disposant d’une implantation majeure à Paris, aurait, durant plusieurs décennies, utilisé la position d’autorité, d’influence et de pouvoir que lui conféraient ses fonctions afin d’obtenir des relations sexuelles imposées à de nombreuses jeunes femmes », est-il stipulé.
Les « faits dénoncés » sont d’« une gravité exceptionnelle », au regard notamment de « leur caractère répété », est-il souligné. Certaines de ces six femmes avaient déposé une première plainte en 2020 ou 2021, mais d’autres « se manifestent pour la première fois, sans jamais avoir déposé plainte auparavant », a assuré Mathias Darmon.
Sollicitée par l’AFP, Céline Bekerman, avocate de Gérald Marie, a rappelé que son client « conteste catégoriquement ces accusations ». Elle affirme que « ces allégations » ont « déjà été examinées dans le cadre d’une enquête approfondie menée par le parquet de Paris ». « Il n’y a aucune raison de mobiliser à nouveau la justice pour revenir, près de quarante ans après les faits allégués, sur une affaire à la fois prescrite et classée », a dénoncé Me Bekerman, avant d’ajouter : « A force de répétition, cela relève du harcèlement. »
En 2023, le parquet de Paris avait classé sans suite la plainte de l’ex-journaliste de la BBC Lisa Brinkworth contre Gérald Marie, pour prescription. Carré Otis, ex-membre du club fermé des supermodels (aux côtés de Naomi Campbell, Claudia Schiffer ou Cindy Crawford), assure que les faits présumés se déroulaient chez Gérald Marie au milieu des années 1980, en l’absence de sa compagne de l’époque, la top model Linda Evangelista.