Grève du 5 novembre : loin des grandes villes, dans les cortèges familiaux de l’Yonne, « chez nous c’est toujours gentillet, y’a jamais eu de casse »
Une fois de plus, Lou, Kézia, Clovis, Raphaël, Eliaz, Alanisse, Melody et Maélysse se sont levés avant le soleil et avant les adultes. Jeudi 5 novembre, pour la journée nationale d’action pour les salaires et le pouvoir d’achat à l’appel des syndicats, il s’agit de montrer qu’ils sont encore là. En fin de compte, c’est d’eux, les lycéens, que tout est parti « ici aussi ». Ici, c’est devant les grilles du lycée Janot de Sens (Yonne), 2 800 élèves, une petite ville dans la ville.
Ceux-là ont beau être moins nombreux et moins visibles que leurs camarades des grandes villes, ils n’en ont pas moins à dire. « On veut leur montrer que les établissements des campagnes existent AUSSI ! Et que leurs élèves requièrent les MÊMES conditions de travail que dans les lycées des grandes villes, parfois favorisés ! », peut-on lire sur leurs comptes Instagram.
La petite bande va du bac pro à la terminale spécialité cinéma ou arts plastiques, du look kawaï à la doudoune de l’AS Monaco. Tous habitent des « patelins » alentour : leur réveil sonne à 5 heures et ils ne rentrent pas chez eux avant la nuit. Des journées XXL qui font l’objet de leurs revendications de jeunes ruraux, outre celles qu’ils partagent avec leurs camarades des villes. Il faut voir la gravité d’adultes sur leurs visages encore mouchetés d’acné lorsqu’ils énumèrent la somme de leurs angoisses face à l’avenir. La fierté, aussi, à l’évocation du blocus qu’ils ont tenu, trois jours durant, fin septembre.
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