Guerre en Ukraine : un drone russe fait 14 morts à la gare de Dnipro
Quatorze personnes ont été tuées, jeudi 29 octobre, par un drone russe qui s’est abattu sur un quai de la gare de Dnipro, grande ville du centre-est de l’Ukraine dont le réseau ferroviaire est fréquemment pris pour cible.
Les faits se sont produits alors qu’une rarissime trêve localisée autour d’Olechky, dans le sud du pays, est observée depuis trois jours. Dénonçant une « horrible attaque », le président, Volodymyr Zelensky, a exhorté les Occidentaux à l’action, tandis que son homologue français, Emmanuel Macron, a exprimé son « émotion » et regretté que la Russie continue de « miser sur l’escalade » en visant les civils.
Antonio Costa, président du Conseil européen, a, quant à lui, promis que l’Union continuerait « d’accroître la pression sur la Russie et de soutenir l’Ukraine jusqu’à ce qu’une paix juste et durable soit obtenue ».
Le drone russe à réaction a frappé un quai où se trouvait un train à destination de Zaporijia, autre chef-lieu régional, dans le sud du pays, selon Ukrzaliznytsia, la compagnie ferroviaire nationale. Outre les 14 personnes ruées, 14 autres ont été blessées, selon le dernier bilan officiel. Malgré l’alerte aérienne et les consignes appelant à quitter la plateforme immédiatement, de nombreuses personnes y sont restées, ce qui explique l’ampleur du bilan, déplore Ukrzaliznytsia dans un communiqué.
La Russie « cible délibérément les infrastructures ferroviaires. Aujourd’hui, chaque gare et chaque quai constituent une zone de danger accru », souligne-t-elle. Des images diffusées par les autorités montrent des corps jonchant le quai, des policiers agenouillés à leurs côtés et des secouristes transportant des blessés ensanglantés sur des brancards.
Amertume
L’armée russe vise les trains et les gares à travers l’Ukraine depuis le premier jour de son offensive à grande échelle, le 24 février 2022. Face à la multiplication des raids de drones, les chemins de fer ukrainiens ont commencé, cette année, à procéder régulièrement à des évacuations massives de passagers, y compris entre deux gares. Rien qu’en septembre, plus de 5 800 trains ont dû être évacués en raison de menaces, avait déclaré Ukrzaliznytsia à l’Agence France-Presse (AFP), au début du mois.
Depuis la suspension du transport aérien en raison de la guerre, l’immense réseau ferroviaire ukrainien est devenu essentiel au transport de personnes et de marchandises à travers le pays, ainsi que pour y entrer ou en sortir.
Jeudi, d’autres bombardements russes ont fait six morts. Deux adolescentes de 15 ans ont été tuées au centre de Tchernihiv (Nord), trois personnes ont trouvé la mort à Krementchouk (Centre), où un immeuble résidentiel a été touché, et une autre a péri dans la région de Zaporijia, selon les autorités locales.
« Combien de frappes terroristes la Russie a-t-elle menées contre notre peuple depuis la levée des sanctions imposées à certains oligarques russes et le secteur énergétique russe, au lieu de procéder à une désescalade ? », s’est interrogé amèrement M. Zelensky, évoquant les récentes décisions des Etats-Unis et de l’Union européenne.
Emmanuel Macron juge l’inflexibilité de Moscou « Intolérable »
Le président américain, Donald Trump, a conclu en octobre un accord avec son homologue, Vladimir Poutine, qui permet l’importation de gazole russe et a gelé la mise en œuvre d’une loi prévoyant d’imposer de lourdes sanctions aux principaux importateurs d’hydrocarbures russes, au grand dam de Kiev et de l’Europe. L’Union européenne, pour sa part, a retiré en septembre deux oligarques russes de sa liste noire à la demande de la France et du Luxembourg.
Dans la région de Kherson (Sud), la trêve négociée par la première dame des Etats-Unis, Melania Trump, pour permettre une opération humanitaire à Olechky, a été respectée, jeudi, pour la troisième journée consécutive. Environ 2 000 habitants encore présents dans cette localité occupée située sur la ligne de front sont confrontés depuis des mois à des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments.
Située au bord du Dniepr qui sépare les deux armées dans ce secteur, Olechky se trouve sous le feu croisé des drones ukrainiens et russes, qui rendent les déplacements très dangereux sur des routes par ailleurs minées.
Le commissaire aux droits humains ukrainien, Dmytro Lubinets, a annoncé jeudi être parti pour Olechky, via la Biélorrussie et la Russie, afin de superviser l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des habitants qui souhaitent partir. Emmanuel Macron a, lui, demandé jeudi « bien plus qu’un cessez-le-feu localisé », jugeant « intolérable » que Moscou refuse « toutes les propositions » de trêve plus larges.