Une crêpière bretonne, victime depuis plus d’un an d’injures racistes en ligne, qui se sont « intensifiées » après avoir gagné un concours de crêpes diffusé sur France 3, a annoncé avoir déposé plainte « pour harcèlement public en ligne », « provocation à la haine » et « injure à raison de l’appartenance à une ethnie », annoncé Vincent Brengarth, dénonçant « un continuum d’injures » et un « torrent de haine » envers sa cliente Joëlle Dambo, jeudi 15 octobre.
Lors d’une conférence de presse aux côtés de la restauratrice, il a notamment regretté « une forme d’inertie de la part des institutions », alors qu’une première plainte, déposée le 9 juillet, avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête dont la défense « n’a reçu strictement aucune information » depuis. Une inaction qui favorise, selon lui, l’installation d’un « état d’impunité » face au racisme.
« Depuis des mois, mon quotidien n’est plus celui d’une artisane, mais celui d’une femme (…) qui est ciblée à cause sa couleur de peau », a-t-elle déclaré, jeudi, se disant « Française à part entière » et refusant que « la haine décrète qui a le droit d’être bretonne ». La plaignante affirme également être confrontée, dans sa crêperie, à des manifestations de racisme, notamment des « cris de singes ».
Conflit entre la crêpière et le maire
Son avocat estime que certains de ces commentaires, en ligne et dans le restaurant, « visent le monopole de l’homme blanc sur le commerce de la galette », comme s’il fallait avoir « la bonne couleur de peau » pour en préparer.
Joëlle Dambo a également déposé plainte le 13 octobre pour « dénonciation calomnieuse » contre le maire de la petite commune de Gomené, Mickaël Leveau. Elle accuse la mairie et les élus locaux d’avoir « détourné les yeux et se taire » face à son harcèlement.
Un conflit oppose depuis des mois la crêpière et l’édile. En juillet, le maire avait lui-même déposé plainte contre Joëlle Dambo qu’elle avait déjà accusé sur les réseaux sociaux de ne pas l’avoir soutenue. La plainte a ensuite été classée sans suite. De son côté, Mickaël Leveau avait assuré avoir « envoyé un message de soutien » à la restauratrice, tout en condamnant « tous les propos qui peuvent être proférés contre la différence ».