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La ruée sur les ports

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Mi-mars, d’immenses grues portuaires bleues, posées sur une barge, glissèrent lentement sur la mer Rouge, avant d’être installées sur les quais de Djedda, en Arabie saoudite. Elles sont désormais dix-sept, sur un appontement de deux kilomètres, à charger et décharger, avec leurs bras d’acier, les conteneurs du terminal de Djedda opérés par DP World. L’entreprise qui vient d’en faire l’acquisition est l’un des plus grands groupes de logistiques et d’infrastructure portuaire au monde, et l’un des rares à ne pas être contrôlé par une compagnie maritime.

DP World est en effet détenue en majorité par le gouvernement de Dubaï, tout comme sa petite sœur AD Ports Group, un opérateur présent dans une cinquantaine de pays et qui appartient à l’émirat d’Abou Dhabi. Les deux sont cependant bien plus que des entreprises. « Le principal moteur de ces investissements est bien sûr commercial, mais la gestion d’infrastructures critiques dans des pays étrangers a inévitablement une dimension diplomatique et géopolitique », observe Justin Alexander, spécialiste des économies du Golfe et directeur du cabinet de conseil Khalij Economics.

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