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La ruée sur les ports

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Les enfants se baignent à Ras Al Dahrah en regardant passer au loin un bateau chinois. Nous sommes le 24 juin et le détroit d’Ormuz s’embrase au coucher du soleil. Voilà deux jours que les cargos évacuent le golfe Arabo-Persique sous la surveillance de l’Organisation maritime internationale, et empruntent au compte-goutte cette gorge séparant l’Iran de la péninsule arabique, par lequel transite d’ordinaire 20 % du pétrole mondial.

Un soulagement pour la planète entière, qui n’a malheureusement pas duré plus d’un mois. Malgré le protocole d’accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran, prévoyant la réouverture sans condition du détroit pendant soixante jours, les gardiens de la révolution ont annoncé, dimanche 12 juillet, le retour des restrictions. Quelques heures avant, ils ont frappé un bateau chypriote n’ayant pas suivi la route exigée. La liberté de navigation est un leurre, et la perspective d’un futur droit de passage, prélevé par l’Iran et le sultanat d’Oman, ne fait qu’ajouter à la panique.

Une menace intolérable pour les Emirats arabes unis, qui ont construit à deux heures de là un des plus grands ports de conteneurs du monde. Situé à la périphérie de Dubaï, Djebel Ali représente un sommet de technologie et d’efficacité. Une forêt de grues jaunes déposent les conteneurs sur une soixantaine de quais. Juste à côté s’étend l’une des plus grandes fonderies d’aluminium de la planète. Coincée entre la mer et l’autoroute, elle s’impose sur plusieurs kilomètres et continue d’investir dans l’avenir : une nouvelle extension, permettant de recycler 200 000 tonnes d’aluminium par an, a été inaugurée, le 24 juin.

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