Mémorable Christian Hecq ! Dans la nouvelle production de La Vie parisienne d’Offenbach, menée tambour battant par la troupe de la Comédie-Française sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris, la force comique de ce comédien prend une incroyable ampleur. Dès son entrée en baron de Gondremark à la fois grotesque, naïf et libidineux, à la recherche d’une femme du monde pour maîtresse, l’acteur suscite des éclats de rire du public, et il en sera ainsi à chacune de ses interventions.
Le parti pris de la metteuse en scène Valérie Lesort de revisiter cette satire sociale des mœurs parisiennes sous le Second Empire en fable animalière réussit particulièrement au jeu burlesque de son compagnon de scène et de vie Christian Hecq. Mais il serait injuste de résumer cette version inédite du réputé opéra-bouffe à cette seule performance, tant les acteurs et actrices du Français dégagent une fantaisie stimulante. Tous se font plaisir et nous font plaisir.
Reine de la création visuelle et de métamorphoses insensées, Valérie Lesort, plasticienne de formation, a eu la bonne idée de grossir le trait de cette bourgeoisie dépravée en affublant les hommes de groins, d’oreilles et de queues-de-cochon, les femmes de plumes et de becs d’oiseau (pintades, poules, faisanes) rehaussés, pour certains, de panses et cuisses grasses. Il faut saluer les astucieuses prothèses conçues par Carole Allemand, les costumes chatoyants et inventifs de Vanessa Sannino. Dans cette basse-cour où les uns couinent et grognent, les autres caquettent et gloussent, le tout emmené par la musique pétillante d’Offenbach, la troupe du Français s’amuse follement, épousant dans une juste mesure postures et gestes de ces drôles de bêtes.
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