Sans doute nécessaire, l’exercice de contrition de Gérald Darmanin n’aura pas suffi à résorber la colère et l’indignation qui s’est emparée de l’opinion face à l’affaire Lyhanna. Quatre jours après l’identification du corps de la petite fille de 11 ans, dans le Gers, les excuses formulées au 20 heures de TF1, le 5 juin, par le ministre de la justice sur ce qu’il a convenu de désigner comme un « immense échec » judiciaire et les menaces de sanctions à l’endroit des magistrats éventuellement fautifs ont précipité l’exécutif sur un double front, politique et institutionnel, à moins d’un an de l’élection présidentielle.
Après un détour par les Places Vendôme et Beauvau, la gestion de la crise politico-judiciaire née autour des révélations sur le principal suspect du meurtre de Lyhanna, Jérôme B., se retrouve de nouveau entre les mains de Matignon. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, convoque, mardi 9 juin, en fin de matinée, les cinq ministres concernés par ce dossier judiciaire qui révèle un « dysfonctionnement grave du service public de la justice », selon les mots de M. Darmanin.
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