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Langue corse : intrusion dans la préfecture de Bastia et au rectorat, à Ajaccio, une personne en garde à vue

Langue corse : intrusion dans la préfecture de Bastia et au rectorat, à Ajaccio, une personne en garde à vue

La fédération Scola Corsa d’écoles primaires privées immersives en langue corse, qui réclame la contractualisation de ses enseignants, s’est introduit, mardi 16 juin, à la préfecture de Bastia (Haute-Corse) et au rectorat à Ajaccio (Corse-du-Sud), donnant lieu à une garde à vue, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources concordantes.

Mardi vers 6 heures, « alors qu’une agente administrative prenait son service, le vice-président de Scola Corsa, président du syndicat des travailleurs corse de l’éducation (STC Educazione), s’en est pris à elle afin de lui arracher les clés permettant d’accéder aux locaux du rectorat », a dénoncé dans un communiqué le rectorat.

« Le rectorat de Corse dépose plainte », a-t-il fait savoir, assurant qu’« aucune revendication, quelle qu’elle soit, ne saurait justifier qu’une agente soit prise à partie sur son lieu de travail afin de forcer l’accès à un bâtiment administratif de l’Etat ».

Une trentaine de parents d’élèves se sont introduits dans la préfecture

« Je confirme cette intrusion au sein du rectorat de Corse », a dit à l’AFP le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, en précisant que « l’individu mis en cause a été placé en garde à vue » dans le cadre d’une enquête « ouverte du chef de vol avec violence », sachant que « cette qualification pourra être revue en fonction des auditions en cours ».

A Bastia, également mardi matin, « une trentaine de parents d’élèves de Scola Corsa se sont introduits dans les salons de la préfecture de Haute-Corse », a rapporté à l’AFP la préfecture en précisant que « le portail de ce service public est ouvert en journée ». La préfète, qui a pris ses fonctions lundi, « est allée à leur rencontre pour écouter leurs revendications », selon la même source, qui a ajouté qu’ils ont ensuite quitté « sans heurt » l’institution.

Depuis deux mois, la fédération Scola Corsa, qui compte cinq écoles primaires immersives dans l’île, assure que « la langue corse est directement attaquée » et que « l’existence des écoles Scola Corsa est remise en question » par la décision du préfet de « former un recours au tribunal administratif contestant la légalité du financement accordé par la Collectivité de Corse » (CDC) de 1,3 million d’euros à ces établissements scolaires.

Elle réclame la contractualisation de onze enseignants, tandis que les services de l’Etat ont annoncé, après plusieurs rencontres, celle de six professeurs. Son appel à mobilisation s’est traduit par le blocage d’une partie des lycées de l’île fin avril.

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