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Le nombre d’IVG a continué sa hausse en 2025, les causes interrogent

Le nombre d’IVG a continué sa hausse en 2025, les causes interrogent

Cinquante ans après la loi Veil, comment évolue le recours, en France, à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ? Le nombre d’avortements, en hausse depuis 2022, après un recul observé pendant la crise du Covid, a poursuivi sa progression en 2025, selon de nouvelles données publiées par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, mardi 22 septembre.

Ainsi, 259 416 IVG ont été comptabilisées l’an passé, soit 7 219 de plus qu’en 2024 (+ 2,9 %). Cette évolution concerne toutes les tranches d’âges entre 15 et 49 ans, y compris les plus jeunes, dont le recours était en baisse avant la crise sanitaire. Stable jusqu’à la fin des années 2010, autour de 15 IVG pour 1 000 femmes, celui-ci a atteint, en 2025, 17,8 IVG pour 1 000 femmes.

Au-delà de la tendance générale, ces statistiques permettent aussi de saisir les contours de pratiques qui ont beaucoup évolué ces dernières décennies. Si, en 2004, les IVG se déroulaient toutes en établissement de santé, cela ne concerne plus que 53 % d’entre elles en 2025. La méthode médicamenteuse, utilisée par moins d’un tiers des femmes en 2001, l’est désormais pour quatre IVG sur cinq. L’augmentation globale est portée par ces IVG médicamenteuses, réalisées pour la plupart en dehors du cadre hospitalier (soit en cabinet libéral, soit en centre de santé ou en centre de santé sexuelle). Une IVG sur quatre a par ailleurs été pratiquée par des sages-femmes.

Signe d’importantes disparités territoriales, le taux de recours est deux fois plus élevé dans les outre-mer qu’en métropole. Dans l’Hexagone, il est aussi deux fois plus fréquent en Provence-Alpes-Côte d’Azur que dans les Pays de la Loire.

« Changement des comportements de fécondité »

Alors que la majorité des femmes qui avortent ont une contraception, les raisons de cette hausse sont interrogées, y compris par les soignants. Les effets d’un accès facilité à l’IVG – dont le cadre a été plusieurs fois réformé et la liberté d’y recourir inscrite dans la Constitution le 8 mars 2024 – pourraient l’expliquer, en dépit d’inégalités d’accès qui demeurent. D’autres causes sont évoquées : la précarité économique croissante, un moindre désir d’enfants, les insuffisances de la prévention des grossesses non désirées, les freins à l’éducation à la sexualité…

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