« Le Triangle d’or » : deux femmes dans la prison dorée d’un hôtel particulier
L’AVIS DU « MONDE » - À VOIR
L’AVIS DU « MONDE » - À VOIR
Que se passe-t-il derrière les portes des hôtels particuliers les plus luxueux de Paris ? Hélène Rosselet-Ruiz tente de répondre à la question avec son premier long-métrage, Le Triangle d’or, référence à cette zone située entre les avenues des Champs-Elysées, Montaigne et George-V et qui concentre la richesse dans le 8e arrondissement de Paris. L’idée du film est venue à la réalisatrice après qu’elle-même, plus jeune, a été employée pendant un mois à faire le ménage pour une riche Saoudienne, amante d’un membre de la famille royale. Avec sa coscénariste, Pauline Guéna (La Nuit du 12, de Dominik Moll), elle a mené un travail de recherche afin d’approcher une réalité sociologique méconnue.
C’est un des atouts de ce passionnant Triangle d’or, réussir à nous immerger dans un monde qui relève pour beaucoup du fantasme, afin de nous en révéler l’envers du décor. Pour cela, Hélène Rosselet-Ruiz utilise un subterfuge classique : faire entrer un élément extérieur que l’on accompagne dans la découverte de ce nouvel environnement. Ici, Laura (Malou Khebizi), une jeune femme originaire de banlieue rêvant d’intégrer l’armée, est employée au service de Souria (Soundos Mosbah), la maîtresse d’un influent émir dont on apprend progressivement qu’elle aspire à devenir sa deuxième épouse. Les premières images montrent son entretien d’embauche au cours duquel lui est demandée une disponibilité totale contre une rémunération généreuse versée en cash.
Il vous reste 59.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.