Le temps des rubans coupés est revenu. Pendant les six mois précédant les élections municipales de mars, les élus étaient tenus à la prudence, pour ne pas transformer les inaugurations en moments d’autopromotion problématiques. Le scrutin passé, les ciseaux étincelants ressortent des tiroirs. A Pommeret (Côtes-d’Armor), le maire et le sous-préfet viennent de trancher ensemble le long cordon bleu, blanc, rouge placé devant la nouvelle maison intergénérationnelle La Clé des Champs. Même cérémonie à Beauziac (Lot-et-Garonne), pour la rénovation de l’hôtel de ville. Et à Belfort, pour une piste cyclable. A Calvi, en Haute-Corse, c’est un concert de Thomas Dutronc qui, le 20 juin, a marqué l’ouverture de Scéléné, un amphithéâtre à ciel ouvert de 3 000 places, au pied de la citadelle.
D’habitude, les élus lancent leurs projets en début de mandat, et les inaugurent avant de remettre leur écharpe tricolore en jeu. Mais certains chantiers prennent du temps, et n’aboutissent qu’après l’élection. C’est très net cette année, compte tenu de la masse d’investissements. Leur montant global a certes été gonflé par la forte inflation dans le BTP, après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Mais même à prix constants, les communes et groupements de communes ont réalisé durant la période 2020-2025 un effort d’équipement supérieur de 10 % à celui du mandat précédent, selon l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales. C’est l’équivalent de 21 milliards d’euros en plus. A cette aune, le mandat clos en mars se retrouve presque au même niveau record que celui de 2008, et très au-dessus de ceux de 1995 et 2001.
Il vous reste 70.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.