La séquence est passée inaperçue aux yeux du grand public, mais elle tourne en boucle sur les groupes de messagerie, ces baromètres numériques de l’opinion policière. On y voit Fabien Van Hemelryck, le leader du syndicat de policiers Alliance rabrouer Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, qui lui interdit l’accès au ministre délégué Jean-Didier Berger, en déplacement officiel dans le département. L’index dressé, sous les yeux d’un commissaire en tenue qui ne pipe mot, M. Van Hemelryck prévient : « Si ça ne vous convient pas, appelez le ministre de l’intérieur (…). Y’en a marre de discuter ! » Le coup de pression paie : Quelques minutes plus tard, M. Berger accepte de recevoir une délégation syndicale.
Si le fond de l’échange n’a pas filtré, le but de la manœuvre ne fait aucun doute : à travers « son » ministre délégué, mettre sous pression Laurent Nuñez. Et voici le ministre de l’intérieur confronté à la hantise de tout locataire de la place Beauvau : une fronde de la police, corporation aux quelque 80 % d’agents syndiqués, force de frappe inégalée au sein de la fonction publique. « Il ne se passe rien, des tonnes de sujets s’amoncellent et ça commence sérieusement à bouillonner », résume le porte-parole d’Alliance, Yoann Maras.
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