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Marcel Pinel, mon grand-père, et l’épopée de 11 « gaillards » à la première Coupe du monde de football

Marcel Pinel, mon grand-père, et l’épopée de 11 « gaillards » à la première Coupe du monde de football

Un jour de juin 2021, je trouvais sur Twitter (devenu X) un message privé d’un certain @1930WorldCup. James Brown de son vrai nom, historien amateur du football, était à la recherche de descendants des joueurs des 13 équipes de la toute première Coupe du Monde, en 1930, à Montevideo. Etais-je bien la petite-fille de Marcel Pinel, milieu de terrain de l’équipe de France ? James, qui endosse avec fierté son surnom de « Sherlock Holmes du football », traque les réseaux, les registres généalogiques. Il voyage partout, en Serbie, en Bolivie, en Argentine, pour retrouver ces descendants parfois lointains, dont certains ignorent tout des exploits sportifs de leur aïeul. Son propre grand-père était attaquant de l’équipe américaine.

Il est, comme moi, de ceux à qui chaque nouvelle Coupe du monde évoque surtout des souvenirs en noir et blanc d’une époque depuis longtemps engloutie. « Bien sûr nous pouvons discuter, mais je n’ai pas connu mon grand-père. Ma mère vous serait plus utile », lui avais-je répondu. Elle-même avait perdu ce père adoré à l’âge de 18 ans. En réalité, c’est James qui avait beaucoup à nous apprendre sur cette première Coupe du monde, et allait m’aider à reconstituer un petit fragment de cette épopée sportive d’un autre temps.

Quelques-uns des joueurs de cette équipe de pionniers ont traversé l’histoire jusqu’à nous. Lucien Laurent, premier buteur de la Coupe du monde, a vécu suffisamment vieux – il est mort en 2005, à 97 ans – pour atteindre le moment où cette aventure uruguayenne, devenue de plus en plus exotique avec le temps, susciterait enfin l’intérêt des médias sur un mode nostalgique. Un autre, Alexandre Villaplane, le capitaine, a réussi à faire oublier ses exploits sportifs en devenant un collabo sanguinaire, membre de la Gestapo française, puis officier SS, avant d’être fusillé à la Libération.

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