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Marqué par l’abandon de Tadej Pogacar, le Tour d’Espagne voit Enric Mas s’affirmer en nouveau leader : « Ce maillot rouge donne des ailes »

Marqué par l’abandon de Tadej Pogacar, le Tour d’Espagne voit Enric Mas s’affirmer en nouveau leader : « Ce maillot rouge donne des ailes »

Les coureurs du Tour d’Espagne s’étaient résignés. Après seulement une semaine de course, tous voyaient Tadej Pogacar remporter sa première Vuelta, unique Grand Tour manquant encore à son vaste palmarès, à l’arrivée à Grenade (Espagne), le 13 septembre. Le coureur de la UAE Team Emirates-XRG avait gagné trois étapes et comptait près de quatre minutes d’avance au classement général après une semaine de course. Alors au lendemain de l’abandon du Slovène, contraint à l’abandon après une lourde chute, tout était relancé sur la neuvième étape, qui ralliait la Vila-Joiosa et l’Alto de Aitana, dimanche 30 août. Pour de nombreux prétendants aux places d’honneur, l’espoir d’une victoire était à nouveau permis.

Et un maillot rouge victorieux peut en cacher un autre. Un jour après avoir refusé d’endosser la tunique de leader sur le podium protocolaire, par respect pour Tadej Pogacar, Enric Mas a confirmé son nouveau statut de favori, en l’absence du quintuple vainqueur du Tour de France. Le cycliste de la Movistar, qui se pensait sûrement cantonné à défendre sa place sur le podium, a affirmé son nouveau statut de premier du classement général en s’imposant au sommet, dimanche.

« Je n’ai pas gagné le maillot rouge, alors je pense que ne pas le porter maintenant est une façon de lui témoigner du respect », avait expliqué l’Espagnol, samedi, au micro de l’organisation après la cérémonie protocolaire. Dans les derniers kilomètres de course, dimanche, sa démonstration face aux autres favoris a été telle qu’il n’a plus de doute à avoir quant à sa légitimité à être sur la plus haute marche du podium.

Enric Mas prend ses responsabilités dans l’ultime ascension

Longtemps, le coureur de 31 ans est resté dans le peloton entouré des autres favoris pendant que d’autres multipliaient les attaques en début de course. Coéquipier de Tadej Pogacar, le Français Pavel Sivakov a tenté de redonner le sourire à sa formation et a rapidement emmené l’échappée. Au fil des kilomètres et des six difficultés, plusieurs contre-attaquants se sont joints au groupe de tête, qui a compté jusqu’à cinq minutes d’avance avant le Puerto de Tudons. Alors que la route s’élevait de plus en plus, certains n’arrivaient plus à suivre le train et ont laissé l’Italien Alessandro Romele (XDS Astana) partir seul, poursuivi uniquement par Pavel Sivakov et Marcel Camprubi (Pinarello Q36.5).

Dans l’Alto de Aitana, la dernière ascension de la journée, longue d’une vingtaine de kilomètres, les favoris ont accéléré et ont fait fondre l’écart avec le groupe de tête, rapidement réduit à 2 minutes. A quelques kilomètres du sommet, la plupart des membres du top 10 menaient la course, sans qu’aucun ne prenne l’avantage.

Tous se regardaient avant qu’Enric Mas ne prenne ses responsabilités, à trois kilomètres de l’arrivée, et n’emporte que le maillot blanc Oscar Onley (Netcompany Ineos) dans sa roue. Primoz Roglic (Red Bull Bora-Hansgrohe) a tenté de les poursuivre en vain. « Gagner en étant leader : maintenant, je comprends ce que ressent Tadej, a-t-il confié, le sourire aux lèvres à l’arrivée. Ce maillot rouge donne des ailes. »

Fin de saison compromise pour Pogacar

Quelques heures plus tôt à l’heure de prendre le départ, les visages étaient bien moins heureux. Beaucoup de coureurs étaient encore marqués par la chute du double champion du monde de la course en ligne. Selon le bulletin médical communiqué par son équipe, Tadej Pogacar souffre « d’une commotion cérébrale, d’une fracture déplacée de la clavicule gauche, d’une fracture stable de la vertèbre cervicale C7 et de multiples abrasions ».

Sa formation s’est tout de même montrée soulagée que son coureur ne « présente aucune autre lésion grave ni séquelles neurologiques. Il devra subir une intervention chirurgicale à la clavicule, qui sera reportée par mesure de précaution en raison de la commotion cérébrale. » Elle n’a toutefois pas précisé la durée de son indisponibilité, mais son état semble compromettre sa participation aux championnats du monde au Canada, fin septembre, où il devait défendre sa double couronne. « Nous avions un bon leader, et sur l’étape la plus facile de toute la Vuelta, avec toutes ces chutes, nous l’avons perdu. C’est triste, mais nous devons continuer et garder la motivation », a témoigné son coéquipier Joao Almeida.

Un sentiment partagé par certains de ses adversaires, à commencer par le Danois de la Lidl-Trek Mattias Skjelmose. « C’est un grand coureur, et son abandon, surtout de cette façon, me désole, a-t-il expliqué avec émotion. Mais cela nous rappelle que tout peut arriver. La course sera complètement différente, très imprévisible, difficile à contrôler, et plus spectaculaire pour les fans car beaucoup plus ouverte. » Avec cette victoire, Enric Mas a tout de même accru son avance en tête, et compte désormais 1 min 18 s sur Primoz Roglic et 1 min 39 s sur Felix Gall (Decathlon CMA-CGM). Trois des concurrents ambitionnant de l’emporter, en l’absence du patron du cyclisme mondial.

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