Juchées sur les marches d’un immeuble, elles détaillent le cortège qui piétine sur l’avenue menant à la gare de Rennes, samedi 17 octobre après-midi. Ludivine, lycéenne, et sa mère, Sylvie (les personnes citées par leur seul prénom ont souhaité rester anonymes), cherchent à comprendre pourquoi la manifestation stagne depuis de longues minutes. L’adolescente montre les forces de l’ordre qui barrent l’accès aux quais : « Regarde-les avec leurs armes de guerre. Ils sont tellement menaçants. Ils cherchent à nous priver de notre manifestation. » Sa mère tempère en signalant la présence de dizaines d’individus jetant des projectiles. Ludivine hausse les épaules : « Certaines violences deviennent légitimes lorsque tu es empêchée de défiler pour te faire entendre. »
La scène raconte la confusion qui règne dans la capitale bretonne depuis le début de la mobilisation. Combien sont-ils à manifester ? Au moins 12 000 selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Ce chiffre semble sous-estimé tant la foule déborde dans les rues adjacentes. Les syndicats parlent de trois fois plus. Au milieu de cette « masse » qui s’est donné rendez-vous à 14 heures, sur la place de la République, Nicolas et Soizic, 48 ans, sont comprimés. Ces commerçants accompagnent leur fils, un lycéen impliqué dans le blocage de son établissement. « C’est lui qui nous a convaincus de venir pour soutenir sa cause et pour exprimer notre ras-le-bol. On en a marre de voir notre pouvoir d’achat s’effondrer », clament-ils.
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