Le changement de ton est discret, mais significatif. Le 5 juin, le lendemain de la découverte du corps sans vie de Lyhanna, 11 ans, Emmanuel Macron s’était montré catégorique : « Moi, je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette affaire. Depuis 2017, j’invite chacun à regarder [ceux] qui ont été mis dans la gendarmerie, dans la justice. » Dix jours plus tard, le discours présidentiel s’est fait moins tranchant. Réinterrogé sur la protection des enfants, le chef de l’Etat a évoqué sur TF1, lundi 15 juin, la possibilité d’examiner « où est-ce qu’il manque peut-être des moyens, là où là ».
« Peut-être », « là ou là », le tout assorti d’un point d’interrogation. La phrase reste ultra-prudente. Le président de la République balaye toujours toute critique. En période de disette, il ne veut pas non plus alimenter le rêve d’une abondance budgétaire à portée de main. Après avoir espéré clore le débat à peine entrouvert, il reconnaît néanmoins, à présent, que la justice pourrait avoir besoin de fonds supplémentaires. Au moins « là ou là ».
Ecarter la discussion devenait difficile. Coïncidence malheureuse : le jour même de la disparition de Lyhanna, les parlementaires ont découvert que la justice était la première victime des gels de crédits décidés par Sébastien Lecornu pour réduire le déficit malgré l’impact de la guerre en Iran. Quelque 414 millions d’euros d’autorisations d’engagement sont désormais bloqués, dont 370 millions pour la seule administration pénitentiaire.
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