Nema conserve tous les avis de contravention qu’ont reçus ses trois fils au fil des ans – plus de 30 000 euros au total – dans un grand sac. Faysal, lui, cumule 8 000 euros d’amendes impayées avant même d’avoir 20 ans. D’autres ne comptent plus. Tous n’en dorment plus. Aucun n’a les moyens de payer. En cause ? « La triplette magique », comme l’appelle un policier afin de désigner les trois infractions pour troubles à la tranquillité publique pour lesquelles ces jeunes hommes ont été verbalisés : tapage, dépôt de déchets hors des emplacements autorisés, déversement de liquide insalubre (des crachats le plus souvent).
Dans une étude qualitative (42 entretiens individuels, dont 16 avec des jeunes hommes de 25 ans ou moins ayant reçu des dizaines d’amendes, réalisés à Paris et en région parisienne, entre février 2025 et avril 2026) publiée mercredi 17 juin et intitulée « Payer le prix du harcèlement policier : des amendes discriminatoires visant les jeunes Noirs et Arabes en France », trois organisations de défense des droits humains et de lutte contre les discriminations – Human Rights Watch, (Re) Claim et la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS) – se penchent sur la multiplication de « ces pratiques abusives d’éviction de l’espace public » et les conséquences économiques et psychologiques qu’elles engendrent, chez les personnes visées mais aussi sur leurs familles.
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