A Blassac, dans la salle de réunion, c’est l’effervescence en ce vendredi 5 juin. Il faut installer les tables pour le vote, suspendre le rideau de douche qui sert d’isoloir, afficher les informations réglementaires, boucler l’administratif… Bref, tout préparer pour le premier tour des élections municipales qui aura lieu dimanche. Ce séduisant village de Haute-Loire, connu pour son église classée et dynamisé par quatre associations locales, fait en effet partie des 68 communes qui n’ont pu organiser le scrutin en mars, faute de candidat. Une situation inédite pour les près de 140 habitants.
Deux listes avaient pourtant réussi à se constituer lors des élections municipales de 2020, celle du maire sortant, Francis Rome, en place depuis 2001, et celle du vainqueur, Didier Hansmetzger. Mais de fortes tensions ont émaillé les derniers mandats, entre partisans d’une évolution volontariste du village et défenseurs d’un travail plus consensuel. « Il y a eu plusieurs démissions de conseillers municipaux. La plupart des familles du village ont participé à un moment à la vie politique de la commune et n’ont plus envie de s’impliquer », commente une habitante qui regrette la fin de la possibilité du panachage entre les listes.
La décision du maire de ne pas se représenter, qu’il n’a pas souhaité justifier auprès du Monde, a en outre été officialisée seulement début janvier. Un habitant a bien essayé dans la foulée de monter une liste, sans succès. Les autres ont pensé qu’un candidat surgirait au dernier moment. Mais dans ce village éclaté entre neuf hameaux et traversé par la rivière Allier, la cohésion est parfois compliquée. La commune s’est finalement retrouvée sans aucune liste.
Par arrêté en date du 16 mars, la sous-préfecture a désigné une délégation spéciale chargée d’expédier les affaires courantes et d’organiser des élections dans les trois mois. « Les personnes choisies pour assumer ces fonctions sont des personnalités qui n’ont pas d’attache avec la commune, souvent avec une forte expérience dans la gestion des affaires publiques », explique Daniel Filâtre, ancien recteur de l’académie de Versailles, désormais à la retraite et installé non loin de Brassac, qui préside la délégation. « Je suis assistée par Annie Labarre et Christian Fischer. Nous ne nous connaissions pas, mais nous nous sommes tout de suite compris », s’amuse le haut fonctionnaire, ravi de cette mission.
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