« Moins de keufs, plus de teufs » : quelques milliers de personnes ont manifesté, samedi 6 juin, à Rennes pour défendre les free-parties et dénoncer « des propositions de loi liberticides », à l’étude au Parlement pour durcir les peines encourues, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse. Des slogans comme « Jeunesse réprimée, gouvernement périmé », « Enfermez les voleurs, pas les teufeurs », ou encore « Le bruit des basses plutôt que le bruit des bottes » se lisaient sur les pancartes.
Pour la plupart très jeunes, les participants à cette « manifestive » ont défilé en dansant derrière une dizaine de camions de « murs de son », qui diffusaient de la musique techno dans les rues du centre-ville.
Aucun incident majeur n’a été signalé, même si des insultes ont visé notamment le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, les nombreuses forces de l’ordre déployées et le préfet de Bretagne, Franck Robine, lors d’une prise de parole par un jeune homme encagoulé et vêtu de noir. « Nous faisons face à une description anxiogène et faussée du mouvement, mise en avant pour le diaboliser auprès de l’opinion publique », a-t-il lancé, appelant à « la résistance » après le rejet des « négociations » par les pouvoirs publics.
Opposition à la loi Ripost
Cette manifestation rennaise s’inscrit dans une série de rassemblements organisés dans une trentaine de villes françaises, entre le 30 mai et le 13 juin, par divers collectifs pour protester contre deux textes de lois réprimant les free-parties.
Le , adopté fin mai au Sénat, prévoit un délit punissable de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs ainsi que jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants contre 500 actuellement, selon le texte qui doit désormais être débattu à l’Assemblée nationale.
En parallèle, une proposition de loi portée par la députée Horizons Laetitia Saint-Paul, visant à renforcer la pénalisation de ces rassemblements musicaux, chemine aussi au Parlement. Ces deux textes mettent en avant des risques sécuritaires, une consommation de stupéfiants et des dégâts environnementaux.
Organisées en France depuis les années 1990, ces fêtes libres se définissent comme un modèle de contre-culture. Autogérées, gratuites ou à prix libre, elles se tiennent dans des lieux naturels ou abandonnés, autour de murs d’enceintes diffusant surtout de la techno. La plupart se déroulent sans incident grave.