Culture

Notre sélection de livres cette semaine : « Amérique primitive », « L’Invention de l’animal », « Sous la surface »…

Notre sélection de livres cette semaine : « Amérique primitive », « L’Invention de l’animal », « Sous la surface »…

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, « Le Monde des livres » vous conseille la lecture d’Amérique primitive, superbe recueil d’une célèbre poète américaine, pourtant inconnue en France, Mary Oliver ; de L’Invention de l’animal, dans lequel l’historien et anthropologue Pierre-Olivier Dittmar étudie le rapport des médiévaux aux animaux, bien différent du nôtre ; de Sous la surface, le premier roman de Honor Jones, dont la narratrice, victime de violences sexuelles dans son enfance, trouve dans la famille qu’elle a fondée le lieu d’une réparation ; enfin, d’une anthologie, Visiter la Grèce avec…, qui permet de voyager en compagnie de Chateaubriand, Henry Miller, Virginia Woolf ou Michel Butor.

POÉSIE. « Amérique primitive », de Mary Oliver

Mary Oliver (1935-2019) était jusqu’ici, jusqu’à ce recueil publié par les éditions Poesis, une anomalie de traduction : probablement la poète la plus lue aux Etats-Unis depuis un demi-siècle, lauréate d’un prix Pulitzer de la poésie dès 1984, étudiée dans les écoles et les universités, mais quasi inconnue en France. Les premiers vers de ce recueil, Amérique primitive, suffiraient presque à dire ce qu’est la poésie de Mary Oliver et l’écopoétique qu’on lui accole : un corps-conscience qui se fond dans un présent, l’immédiate continuité entre celle qui regarde et ce qu’elle regarde. A hauteur des choses, dans l’éblouissement.

Publié en 1983 aux Etats-Unis, Amérique primitive est un ensemble d’une rare maîtrise et d’une grande économie de moyens. Et, ici, la nature n’est pas qu’une invitation à l’émerveillement ou à la plénitude, elle ne se résume pas à une exultation. « Primitive » s’entend ici comme originelle, vierge, par-delà bien et mal.

Née dans l’Ohio, Mary Oliver, qui eut une enfance douloureuse à maints égards, trouva probablement dans la nature, la poésie et, plus tard, dans des paysages (de Nouvelle-Angleterre), un bruissement, une présence multiple, un réconfort dont elle fit son refuge, puis son miel. Comme beaucoup d’autres, mais elle, elle trouva les mots justes. La traduction d’un livre complet en français (il y a eu des vers, des poèmes parus de manière éparse), aujourd’hui, est comme un second été qui commence. N. C. A.

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