Sur un parquet de basket, cela s’appelle du « trash talk », ces provocations verbales bien senties destinées à faire dégoupiller l’adversaire. Le match de Betclic Elite (championnat de France) entre Paris et Boulazac (Dordogne), dimanche 18 octobre dans la capitale, a ainsi démarré il y a trois semaines, lorsque David Kahn, le président du club parisien, a rabaissé sur les ondes de RMC la formation de cette ville de 10 000 habitants, en périphérie de Périgueux.
« C’est très difficile pour un club comme le nôtre de jouer dans le championnat de France, semaine après semaine, vous jouez à un tel niveau en Euroligue [qui réunit les meilleures équipes du continent] et puis le dimanche par exemple, vous allez jouer à Boulazac. C’est difficile pour les joueurs, ce n’est pas la même chose », a asséné le dirigeant américain, dans un mélange d’anglais et de français, se désolant du manque d’intérêt du championnat français, au format, selon lui, « ennuyeux ».
Boulazac a répondu du tac au tac. Dans un communiqué ironiquement intitulé « Pardon au Paris Basketball », le club périgourdin a rappelé aux Parisiens ses valeurs : « défendre un basket qui fait vivre nos territoires, forme[r] nos jeunes, rassemble[r] les générations et [faire] naître des émotions qu’aucun tableau Excel ne pourra jamais quantifier ». Sans oublier que l’an passé, le petit est venu l’emporter sur le terrain du gros (87-103). Assez pour labelliser cette rencontre le « nouveau classico », selon les communicants de l’équipe parisienne, la plus riche de France. Cette joute verbale trahit la singularité d’un championnat qui fait le grand écart entre les clubs de grandes villes, les plus nantis, et un basket « de territoire », réputé moins clinquant.
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