Le ministre des comptes publics, David Amiel, a annoncé, jeudi 2 juillet, un « plan douanes 2030 » doté de plus de 400 millions d’euros pour augmenter le nombre de scanners et celui des recrutements, dans le but, parmi d’autres, de faire face à la « déferlante » de cocaïne.
En janvier, Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement de « muscler » la lutte contre le narcotrafic dans les ports et les aéroports, en particulier aux Antilles, alors que les douanes venaient en 2025 de saisir près de 109 tonnes de produits stupéfiants, dont plus de 31 tonnes de cocaïne. « Au premier semestre de l’année 2026, c’est une augmentation nouvelle de 30 % des saisies que nous avons pu constater », a déclaré jeudi M. Amiel lors d’un point presse à Paris.
« Face à ce choc d’offres, [aux] réseaux tentaculaires de narcotrafiquants qui utilisent des technologies de pointe, il faut un choc capacitaire, dit-il, et la France compte donc se doter de la technologie de première ligne, à la hauteur de ce qu’on a pu observer ces dernières années dans les ports de Belgique et des Pays-Bas. »
« Infrastructures industrielles »
Le plan prévoit également 545 créations nettes d’emploi pour un effectif actuel de quelque 16 500 agents, dont « 50 % seront [consacrées] au renforcement des services de première ligne, donc des services de contrôle, et environ 20 % aux services de ciblage en amont et d’investigation en aval », a précisé Florian Colas, directeur général des douanes.
D’ici à 2030, 25 scanners supplémentaires devraient être déployés sur l’ensemble du territoire : des scanners fixes, « des infrastructures industrielles capables de scanner à une très très grande vitesse une très grande volumétrie de conteneurs », selon M. Colas, des scanners mobiles spéciaux dans les ports, y compris en outremer, mais aussi des scanners tomographes (pour reconstituer un volume en trois dimensions) dans des centres postaux.
A titre d’exemple, le nombre d’images collectées dans les ports devrait passer de 17 000 en 2025 à 281 000 en 2030, et de zéro sur le vecteur postal à 2,6 millions. Pour pouvoir faire face à cette augmentation du volume de contrôle, « il va falloir qu’on cible davantage », ajoute M. Colas, d’où l’investissement prévu dans de nouveaux outils : une banque d’images qui, traitées par l’intelligence artificielle, permettra de « faire de la reconnaissance d’images et de détecter les stupéfiants dans tout type de moyens de transport » (colis, camions, conteneurs), et un traitement de données qui vise à « accéder très en profondeur dans les données de la logistique et du transport ».
Le plan prévoit en outre la création au niveau territorial d’une nouvelle strate d’investigation régionale.