Culture

Comment Montréal est devenue la ville du plus grand rassemblement de jazz au monde

Comment Montréal est devenue la ville du plus grand rassemblement de jazz au monde

Seuls le Québec, avec sa logique spécifique de Belle Province, et sans doute la Belgique, avec son surréalisme inné, pouvaient offrir pareille scène : un duo carnavalesque au nom douloureux, Angine de poitrine, encore inconnu il y a quelques mois, a attiré, le 27 juin, des dizaines de milliers de spectateurs de tous âges lors d’un concert gratuit sur la place des Festivals de Montréal.

En jouant un rock instrumental et expérimental car microtonal (utilisation des quarts de ton) et en s’adressant à une foule en liesse dans un langage imaginaire. Personne n’aurait a priori misé 1 dollar canadien sur les chances de succès des deux énergumènes. Angine de poitrine est d’ores et déjà entré dans l’histoire du Festival international de jazz de Montréal, dont la 46e édition se prolonge jusqu’au samedi 4 juillet : le duo a égalé le record d’affluence enregistré par la superstar américaine Stevie Wonder lors de son passage en 2009.

Sur place depuis quarante-huit heures, un habitué du rendez-vous, Joshua Redman, qui présentait aux Montréalais le 29 juin son nouveau quartet au Théâtre Maisonneuve, n’en revenait pas : « C’était de la folie ! Autant de monde pour de la musique microtonale ! Cela ne se passe qu’à Montréal », a jugé le saxophoniste américain. Eu égard à ses états de service, on peut le croire sur parole. Joshua Redman a rappelé au passage qu’il a commencé à fréquenter ce festival bien avant d’être connu, emmené par son illustre père, également saxophoniste, Dewey Redman (1931-2006).

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