Un vent d’optimisme s’est emparé du principal pays hôte de la Coupe du monde de football 2026. Plus habitués à dire du mal de son équipe nationale de « soccer » qu’à la valoriser, les Etats-Unis se prennent au jeu du Mondial, enthousiasmés par la deuxième victoire de Team USA contre l’Australie (2-0), vendredi 19 juin à Seattle.
Quelques jours après leur succès initial face au Paraguay (4-1), les joueurs du sélectionneur argentin Mauricio Pochettino ont obtenu leur qualification pour les seizièmes de finale. Dans un mouvement de bascule dont ils ont le secret, les médias américains sont passés d’un pessimisme surjoué avant le début du tournoi à un optimisme démesuré. Le diffuseur Fox Sports ose même poser la question : « Les États-Unis peuvent-ils vraiment remporter la Coupe du monde 2026 ? » La star Zlatan Ibrahimovic, consultant pour la chaîne, a livré sa réponse : « Oui. »
Cet enthousiasme semble partagé par The Athletic qui se demande aussi si « les États-Unis peuvent remporter la Coupe du monde ». Les pages sport du New York Times précisent que « la question ne semble plus aussi farfelue que cela, alors que l’Amérique commence à y croire. ». Au rêve sans doute prématuré d’une équipe américaine championne du monde le 19 juillet prochain, The Athletic répond par une analyse qui donne des raisons d’espérer : « Pour la première fois depuis près d’un siècle, une équipe américaine a remporté deux matchs de poule en Coupe du monde, qui plus est consécutifs. Une génération qualifiée de dorée offre enfin des performances à la hauteur de cette réputation ».
« Trop forts, trop rapides »
Le média apporte toutefois un peu de mesure, même s’il se laisse prendre au jeu : « Le bon sens footballistique vous dira que le vainqueur du tournoi sera probablement issu d’un petit groupe d’équipes d’élite dont les États-Unis ne font pas partie. Mais essayez donc d’expliquer cela aux foules de Seattle, ou aux millions de supporters occasionnels qui découvrent à quel point une Coupe du monde à domicile est très amusante. »
Après le début de compétition tonitruant des coéquipiers du buteur Folarin Balogun, la chaîne CBS tente d’apporter un peu de contexte à ceux qui découvrent le soccer. « Si vous êtes déjà particulièrement pris par la fièvre de la Coupe du monde, la plupart des analystes de football compétents devraient pouvoir vous dire que l’équipe nationale américaine est à l’Espagne, à la France, à l’Angleterre et à l’Argentine ce que l’Australie et le Paraguay viennent d’être à l’équipe nationale américaine », relativise la chaîne télévisée.
Ce qui ne l’empêche pas d’être séduite par les prestations de Team USA et le style de jeu proposé par les hommes du sélectionneur Mauricio Pochettino. « Jusqu’à présent, il y a peu de spectacles plus exaltants à la Coupe du monde que celui de l’équipe nationale américaine, qui chasse en meute et force ses adversaires, plus faibles et plus lents, à commettre des erreurs », analyse CBS.
Vaincue par les Etats-Unis après une victoire inaugurale contre la Turquie (2-0), l’Australie se montre fair-play. « Après l’une des plus belles victoires australiennes en Coupe du monde, ce fut une chute brutale. Les Américains étaient trop forts, trop rapides, trop dévoués, trop malins, trop… tout », relate le Sydney Morning Herald.
Ce tour de force face à l’Australie a aussi été réussi sans le joueur vedette de l’équipe américaine, Christian Pulisic, forfait pour une douleur au mollet gauche. « L’absence de Christian Pulisic n’a pas mis en difficulté l’équipe nationale américaine. Elle a au contraire mis en lumière la capacité d’adaptation de l’équipe », se félicite The Athletic.
Le New York Post parvient à la même conclusion en y ajoutant une référence à la culture des supers héros : « Les Avengers y sont parvenus sans Iron Man, et Team USA y est parvenue sans Captain America. L’équipe nationale masculine américaine n’a pas eu besoin de son meilleur joueur pour s’imposer 2-0 face à l’Australie et décrocher sa qualification pour les seizièmes de finale. »
Seattle en fête
Avec plus de 66 000 spectateurs déchaînés dans le stade de Seattle, l’ambiance a également séduit, et même impressionné ABC News Australia : « Dès l’instant où quatre hélicoptères militaires ont survolé le stade pour marquer la fin de l’hymne national américain, l’Australie a compris qu’elle allait devoir livrer une bataille. »
Le Seattle Times a logiquement mis en avant la ville toute entière, qui a vibré aux exploits de son équipe. « Des tribunes bondées du Seattle Stadium aux escaliers exigus du Pier 62, en passant par tous les autres endroits de la ville, l’effervescence était à son comble. Puis, lorsque l’équipe nationale masculine américaine de football a remporté son match et s’est qualifiée pour les seizièmes de finale, la ville a littéralement explosé de joie », écrit le journal local.
Pas chauvin, le New York Post a aussi célébré les fans de la côte ouest, les qualifiant de « meilleure foule jamais vue lors d’un match de football de l’équipe américaine. » « Seattle, ville passionnée de football, s’est montré à la hauteur de sa réputation », conclut le quotidien new yorkais.