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Pour Jordan Bardella, faut-il être dans le « système » ou le renverser ? Au RN, sa vie privée et ses options politiques sèment le doute

· Politics

Un week-end au Grand Prix de Monaco en loge avec sa compagne, issue d’une grande lignée aristocratique ; un entretien privé avec le premier ministre d’Israël ou le président de la République polonaise ; des dîners avec des chefs d’entreprise du CAC 40, des rencontres avec la famille Arnault, la plus riche de France, ou des soirées avec le présentateur Cyril Hanouna. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a construit sa notoriété sur l’image d’un enfant de la Seine-Saint-Denis, à même de comprendre les difficultés de la classe moyenne pour en être issu. Il s’est, ces derniers mois, habitué à la vie d’un certain gotha – politique, économique, people. « Ça lui a mis des étoiles dans les yeux », décrit un élu du RN, observant l’« évolution croisée » de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. « Marine vient au monde avec un patrimoine, mais est détachée de tout ce qui est matériel ; lui a un côté Rastignac. Cela ne le fascine pas nécessairement, mais ça l’amuse, au moins. »

S’il faut trouver des différences entre les deux candidats potentiels de l’extrême droite à l’élection présidentielle, le rapport aux élites, ou au « système », comme l’a toujours appelé l’extrême droite populiste, en est un. C’est Jordan Bardella qui se présente en janvier à la soirée des 200 ans du Figaro, où frayent droite et extrême droite et le monde des affaires, quand Marine Le Pen décline l’invitation. C’est Jordan Bardella qui tente d’amadouer la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, quand Marine Le Pen s’est toujours défiée des institutions bruxelloises. C’est Jordan Bardella qui tend la main au chancelier allemand, Friedrich Merz, ou érige Nicolas Sarkozy en modèle, quand Marine Le Pen a toujours considéré Angela Merkel, chancelière issue du même parti, les chrétiens-démocrates, et l’ancien président de la République française comme deux adversaires politiques. Elle avait affublé Nicolas Sarkozy du surnom de « président du Fouquet’s », appuyant ainsi sur la proximité du chef de l’Etat avec les élites économiques et son goût du luxe.

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