Les locataires sont descendus en nombre dans la salle commune, heureux de témoigner de leur vie au sein de cette résidence habitat jeunes du centre de Reims (Marne), gérée par l’Association Noël-Paindavoine. Adéna (les personnes interrogées ont préféré ne donner que leur prénom), 20 ans, a été orientée vers ce logement social temporaire par l’Aide sociale à l’enfance, après avoir vécu en famille d’accueil. Le loyer de son T1 meublé est d’environ 500 euros, charges, électricité, Internet et assurance compris, et elle touche environ 300 euros d’aide personnalisée au logement (APL).
« Au début, je voulais vite trouver un autre logement, mais, finalement, j’aime beaucoup venir aux “temps cafet” du mercredi soir, dans cette salle, pour rencontrer d’autres jeunes », confie l’étudiante en BTS management commercial. Elle s’est notamment liée à Alicia, qui, après quelques mois d’études à Laon, vient de réemménager et va débuter comme auxiliaire de vie en CDI. Elles connaissent bien Axel, Italo-Mexicain de 26 ans qui vit sur place tout en proposant aux résidents, dans le cadre d’un service civique européen, sorties culturelles, débats, ateliers cuisine et repas partagés. Elles croisent aussi Idriss, 28 ans, quand il revient voir des amis et saluer les salariés de l’association, qui l’ont accompagné vers un emploi pérenne (dans une station-service) et vers un logement social. Quant à Pryska, aide-soignante de 25 ans orientée par la mission locale, elle vit dans une autre résidence habitat jeunes de l’association, qui accueille quelques mamans solos comme elle.
Les foyers de jeunes travailleurs – nom originel des résidences habitat jeunes – font partie des dispositifs à l’honneur de la Semaine du logement des jeunes, organisée du 1er au 5 juin et enrichie cette année des premières Rencontres nationales sur le sujet, le 2 juin à Châteauroux. Leur intitulé valait interpellation : « Logement des jeunes : une urgence sociale ! » Il a aussi redonné de la visibilité à un rapport du même nom, publié par le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse et le Conseil national de l’habitat en janvier 2025. Cette année-là, la Cour des comptes, une mission d’information du Sénat et l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire avaient successivement dressé le constat d’une jeunesse en première ligne de la crise du logement.
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