Présidentielle 2027 : la conversion partielle de Marine Le Pen aux recettes économiques d’Emmanuel Macron
Eût-elle assisté à la présentation par Marine Le Pen de sa philosophie économique et budgétaire pour 2027, la Marine Le Pen de 2017 se serait probablement étouffée. Car si ses pistes d’économie proposent quelques ruptures franches, notamment contre les étrangers, l’environnement et l’Union européenne (UE), la politique économique du Rassemblement national (RN) affiche désormais une certaine continuité avec le macronisme vilipendé depuis dix ans. « Emmanuel Macron aurait pu prononcer son propos introductif », estime un concepteur du programme économique lepéniste, observant « une volonté de rentrer dans une forme d’intelligentsia » et « une absence de remise en cause des résidus du macronisme ».
Large simplification administrative, suppression des normes, baisse de la dépense publique concentrée sur le budget de l’Etat, l’Assurance-maladie et les collectivités territoriales, allègements des cotisations sociales, baisse des impôts de production des entreprises, préservation des hauts patrimoines et des retraités, lutte contre la « fraude sociale », plafonnement des aides avec une allocation sociale unique, baisse de la taxation sur l’héritage : la plupart des principes clés du macronisme de 2017 – tous n’ont pas été mis en œuvre – se retrouvent aujourd’hui dans les propositions de Marine Le Pen, selon un basculement progressif entamé en 2022 et accéléré depuis 2024.
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