Tennis : Jannik Sinner gagne le tournoi de Wimbledon pour la deuxième année consécutive
Il en a fait son jardin. L’Italien Jannik Sinner, numéro un mondial, a décroché son deuxième titre d’affilée à Wimbledon et son cinquième sacre en Grand Chelem en dominant, dimanche 12 juillet à Londres, le champion de Roland-Garros Alexander Zverev (3e) en quatre sets : 6-7 (7/9), 7-6 (7/2), 6-3, 6-4.
Le patron du circuit décroche à 24 ans son sixième trophée de la saison, après s’être déjà adjugé les cinq premiers Masters 1000 de l’année. Il n’avait plus remporté de tournoi du Grand Chelem depuis son premier sacre à Londres en juillet 2025.
Elimination précoce
Battu en finale de l’US Open 2025 par son grand rival espagnol Carlos Alcaraz (2e), il avait été éliminé en demi-finales de l’Open d’Australie en janvier et dès le deuxième tour de Roland-Garros fin mai, disparaissant précocement du seul tournoi du Grand Chelem qu’il n’a pas gagné.
A Paris, Zverev avait su exploiter l’élimination précoce de Sinner et de Novak Djokovic, battu au troisième tour, pour s’offrir son premier titre en Grand Chelem, après trois finales perdues (US Open 2020, Roland-Garros 2024 et Open d’Australie 2025).
Dans la foulée de cette consécration, il a réalisé le meilleur parcours de sa carrière à Wimbledon, où il n’avait encore jamais dépassé les huitièmes de finale. De quoi s’assurer de remonter dès lundi au deuxième rang mondial, le meilleur classement de sa carrière.
Balle de break
Quasiment irréprochable pendant l’essentiel des deux premiers sets dimanche sur le Central, l’Allemand a commis deux fautes directes en coup droit au début du tie-break de la deuxième manche qui ont permis à Sinner de s’adjuger le deuxième acte et de revenir à sa hauteur.
Dans le troisième set, Zverev a manqué une balle de break à 3-3 et a concédé le premier break du match dans le jeu suivant, après 2h54 de duel, pour laisser Sinner s’envoler vers le gain de la manche.
L’Italien a porté l’estocade en prenant une nouvelle fois le service du Hambourgeois à 3-3 dans le quatrième set. Au bout de 3h46, le N.1 mondial a décroché sa dixième victoire d’affilée contre Zverev, son centième succès en Grand Chelem et surtout son deuxième titre d’affilée à Wimbledon. « J’aimerais qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un de fair-play, comme quelqu’un de bien, c’est plus important pour moi que tout le reste », avait-il rappelé après sa victoire à Rome.
Si la célébrité lui pèse dans une Italie qui l’adule, Sinner, déjà près de 65 millions de dollars de gains sur le circuit, s’est retrouvé dans une tempête entre 2024 et 2025 pour une affaire de dopage qui a écorné son image. Contrôlé positif à un stéroïde anabolisant, il a d’abord été blanchi, avant d’écoper d’une suspension de trois mois négociée avec l’Agence mondiale antidopage et bien trop clémente pour certains.
Une autre planète
Depuis son retour en compétition en mai 2025, il est sur une autre planète, même s’il a connu une sortie de route précoce à Roland-Garros. En quête à Paris du seul trophée majeur qui lui faisait encore défaut, l’Italien avait connu une brutale défaillance physique au deuxième tour, disputé dans une chaleur étouffante, et avait encaissé son élimination la plus précoce en Grand Chelem depuis trois ans.
Depuis, « on a procédé à quelques changements », a expliqué Sinner à Wimbledon. « C’est un processus qui prend du temps, il n’y a rien de magique, mais on fait tout notre possible » pour gérer la chaleur, seule faiblesse apparente dans l’armure si épaisse de l’Italien.