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Tour de France 2026 : malgré une échappée, le calvaire de Julian Alaphilippe continue

· Sport

Le 15 juillet 2019, c’est un Julian Alaphilippe détendu qui concluait la 10e étape du Tour de France au chaud dans le peloton. Tout de jaune vêtu, il savourait une journée de plus avec la tunique de leader, conquise une semaine plus tôt lors d’une victoire à Epernay (Belgique). Le Français avait concédé son bien, l’espace de deux jours, à l’Italien Giulio Ciccone, mais il était surtout prêt à le défendre jusqu’au bout, une fois récupéré. Il avait fallu attendre le soir de la 18e étape pour voir le Colombien Egan Bernal le lui subtiliser définitivement, le laissant terminer à la cinquième place au général.

Sept ans plus tard, Julian Alaphilippe ne joue plus les premiers rôles. Et voit même plus souvent la voiture-balai que les podiums. Mercredi 15 juillet, celui qui évolue désormais sous les couleurs de la formation suisse Tudor a terminé bon dernier de la 11e étape, entre Vichy (Allier) et Nevers.

Le natif de Saint-Amand-Montrond (Cher) avait pourtant pris l’échappée aux côtés de trois autres coureurs, mais a été le premier de la bande à lâcher l’affaire, à 40 kilomètres de l’arrivée, dans la pourtant pas si redoutable côte de Billy-Chevannes (1,4 km, à 5 %).

Rapidement englouti par le peloton, il a été digéré dans la foulée, jusqu’à terminer à plus de sept minutes de Soren Waerenskjold (Uno-X Mobility). Pour sa quatrième participation au Tour de France, le Norvégien a profité d’un moment de flottement pour anticiper le sprint et signer son premier succès dans l’épreuve, devant le Néerlandais Olav Kooij (Decathlon CMA CGM) et le Belge Milan Fretin (Cofidis).

« Trop de fêtes et trop d’alcool »

Loin de ces préoccupations, Julian Alaphilippe a peut-être passé la fin d’étape à ressasser les mots de son directeur sportif, Addy Engels, la veille. « C’est comme s’il n’avait qu’une ou deux cartouches. Ensuite, ses jambes s’éteignent et il est contraint de ralentir », ne pouvait que constater le Néerlandais auprès du journal L’Equipe, saluant au moins « la bonne mentalité » et l’« état d’esprit de battant » de son coureur, qui a essayé plusieurs fois de se porter à l’avant depuis le départ de la course à Barcelone, le 4 juillet.

L’ancien patron de Julian Alaphilippe, Patrick Lefevere, ne s’était, lui, pas embarrassé avec ces pincettes. « Julian est un bon gars. Mais après avoir signé son mégacontrat [en 2021] on ne l’a plus vu », critiquait le Belge dans le magazine belge Humo, en février 2024. L’ex-directeur de Soudal Quick-Step regrettait alors de ne plus pouvoir compter sur le Julian Alaphilippe capable, entre autres, de remporter deux titres de champions du monde (2020 et 2021) ou un maillot de meilleur grimpeur (2018). Et avait sa petite idée pour expliquer sa baisse de régime : « Je pense que chez lui, il y a eu trop de fêtes et trop d’alcool. »

« Ce n’était pas la bonne manière de faire de sa part. J’ai eu des hauts très hauts et des bas très sombres », lui a répondu, dans Le Monde, le Français en mars 2025, quelques semaines après avoir rejoint l’équipe Tudor. Lui qui assurait être « encore capable d’être performant au plus haut niveau » après avoir connu plusieurs blessures n’a pas vraiment joint le geste à la parole. Sous le maillot noir de la formation suisse, il n’a pour l’instant signé qu’un seul succès, au Grand Prix du Québec, en septembre 2025.

A 34 ans, Julian Alaphilippe ne se fait plus beaucoup d’illusion. « L’écart se creuse avec la jeune génération et j’ai une moins bonne récupération que les jeunes qui arrivent », avouait-il, le 1er juillet, en conférence de presse, assurant tout de même « rêver toujours » d’une victoire d’étape sur la Grande Boucle, cinq ans après la dernière. « J’ai encore la motivation de faire des belles choses, et sur ce Tour de France encore plus », confiait-il.

Mardi, après une étape dont il a successivement occupé la première et la dernière place, et qui s’est courue sur un rythme record de 50,9 km/h, l’heure était aussi à l’optimisme. « Je me sentais vraiment bien au départ, a commencé « Alain Philippe » – comme une partie de ses supporteurs, toujours aussi nombreux, le surnomment –, puis il a recommencé à faire chaud et j’ai tout de suite eu les sensations que j’avais ressenties les derniers jours, c’est-à-dire pas superbes. » Sous contrat jusqu’en 2027, le puncheur profitera peut-être du terrain accidenté de la 13e étape, entre Dole (Jura) et Belfort, vendredi, pour attaquer de nouveau.