La rentrée s’annonce studieuse au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2030 dans les Alpes françaises (Cojop). Edgar Grospiron et Vincent Roberti, respectivement président et directeur général du Cojop, ont fait un point d’étape sur le projet, mercredi 15 juillet, lors d’une audition devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. L’ancien champion olympique de ski de bosses à Albertville, en 1992, et l’ex-préfet du Tarn-et-Garonne ont surtout présenté devant les députés la feuille de route qu’ils entendent suivre dès septembre, à trois ans et demi de la cérémonie d’ouverture.
Les organisateurs sont engagés dans un « sprint », a rappelé en préambule Vincent Roberti, nommé en mai après plusieurs mois de crise de gouvernance qui ont fragilisé le comité. Le haut fonctionnaire souhaite « reconstruire une organisation solide, stable et durable » et présentera ses « pistes de réflexion à la rentrée ». « Les difficultés sont en train d’être surmontées et des recrutements essentiels sont à venir », a fait valoir le bras droit d’Edgar Grospiron, sans « exclure quelques changements ». Une centaine de personnes sont actuellement salariées au Cojop. L’effectif devrait monter à 2 000 à la veille des JO.
Vincent Roberti a également promis de « bien redéfinir les rôles de chacun, notamment entre le président et le directeur général ». L’ancien préfet reprend ainsi à son compte l’une des recommandations du rapport de l’inspection générale, diligenté à la suite de démissions en cascade au sein du Cojop, en décembre 2025 et en début d’année. Bertrand Méheut avait notamment quitté la tête du comité des rémunérations, le 2 février, en qualifiant Edgar Grospiron de « président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence ». Cette réorganisation des structures de gouvernance devrait être l’une des premières décisions fortes de Vincent Roberti, qui a officiellement pris ses fonctions à la mi-juin.
« Economies substantielles »
Autre dossier instruit à la rentrée : la révision budgétaire des Jeux d’hiver 2030. Adopté en octobre 2025, le premier budget pluriannuel de 2,132 milliards d’euros (financé à 75 % par le privé, a insisté Vincent Roberti) doit désormais tenir compte de l’« optimisation des coûts » et des « recettes supplémentaires » générées par la validation, fin juin, de la carte des sites de compétition, a souligné Edgar Grospiron. Le déménagement du pôle glace de Nice à Lyon a, selon l’ancien champion des bosses, « permis des économies substantielles », estimées à « cent millions d’euros » par Vincent Roberti dans sa réponse aux députés. Le haut fonctionnaire a précisé que le budget des Jeux 2030 serait revu en octobre 2026.
La recherche de partenaires est également l’une des priorités des organisateurs des Jeux dans les Alpes françaises. Alors que le Cojop a signé avec un premier sponsor domestique de rang 1, EDF, le 2 juillet, l’arrivée d’un prochain partenaire sera annoncée à la rentrée, a affirmé Edgar Grospiron devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée. « Les discussions sont bien avancées dans chacune des six catégories ouvertes [la banque de détail, l’énergie, l’équipement textile, l’hôtellerie, la logistique et les télécommunications] », a-t-il ajouté, en n’excluant pas d’ouvrir les discussions à d’autres secteurs d’activité.
Le ralliement d’une cinquantaine de partenaires de rangs différents (premium, sponsor officiel, fournisseur officiel) est espéré par les organisateurs, qui en attendent 563 millions d’euros. Edgar Grospiron s’est dit confiant dans la réalisation de cet objectif, en précisant devant les députés que « 24 % du montant à atteindre » étaient à date sécurisés.