Au cœur de l’intrigue de Ghost in the Shell, le film de Mamoru Oshii adapté du manga éponyme de Masamune Shirow, qui ressort en salle dans une version restaurée, se trouve une intelligence artificielle (IA) ayant acquis une conscience. Un thème d’actualité à l’heure où les débats sont vifs sur la place des IA génératives.
L’acuité du réalisateur japonais est d’autant plus impressionnante que ce film a fêté ses 30 ans. Au moment où son film est sorti dans son pays, au Japon, en 1995, le World Wide Web n’en était qu’à ses prémices, tout comme la téléphonie mobile.
Ce récit cyberpunk qui se déroule dans une cité futuriste et fictive en 2029 décrit aussi concrètement, tout en l’interrogeant sur le plan philosophique, l’hyperconnexion des individus, la circulation en réseau et la vulnérabilité des informations qui sont partagées, et la menace que font peser les hackeurs sur l’intégrité des êtres. Ces pirates informatiques sont chassés par des policiers d’élite parmi lesquels l’héroïne, Motoko Kusanagi.
Le scénario s’ancre dans un monde où des robots et des humains augmentés coexistent. Ce qui les distingue : ces derniers recèlent un ghost, qui n’est pas vraiment une âme mais plutôt un esprit, une conscience. Ainsi Motoko Kusanagi, cyborg fait de cellules humaines et d’un corps mécanique, ne cesse de se questionner sur son existence, sur l’authenticité de son ghost et sa part humaine. Dans une société ultra-technologique telle que New Port City, dans laquelle évoluent les personnages, le film interroge sur ce qui constitue l’humanité, l’endroit où elle commence, la façon de la conserver. Un niveau d’introspection et de mélancolie rarement atteint dans un film d’action.
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