Une trentaine de personnes encagoulées ont pénétré jeudi 5 novembre dans un lycée de Tournefeuille près de Toulouse, tirant des mortiers d’artifice et provoquant un incendie dans un local de la vie scolaire, selon la préfecture, qui a déclaré que l’établissement resterait fermé pour l’heure.
Sur des images d’Ici-Occitanie, on voit des personnes masquées et vêtues de noir à l’intérieur de l’établissement en train de tirer des mortiers et de jeter des planches et panneaux dans un feu à travers les murs de verre du local.
Un des intrus a été interpellé à l’arrivée « en quelques minutes » des forces de l’ordre, a appris l’Agence France-Presse de source proche du dossier, selon laquelle une vingtaine d’autres était en fuite.
L’intrusion dans l’enceinte du lycée Marie-Louise Dissard-Françoise, à Tournefeuille (Haute-Garonne), a eu lieu vers 7 h 30 dans un établissement quasiment vide, a ajouté cette source, selon laquelle l’incendie déclenché à l’aide de matériaux inflammables a été circonscrit par les policiers puis par les pompiers. L’incendie a été entièrement éteint et n’a fait aucune victime.
Soixante sapeurs-pompiers
« Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour disperser le groupe de casseurs qui s’étaient introduits dans le lycée Françoise » à Tournefeuille, où un dispositif de sécurité avait été mis en place avant les faits, précise la préfecture.
« Le lycée sera fermé pour la journée. La reprise des cours ne sera assurée qu’une fois les conditions de sécurité réunies », selon la préfecture. Elle déplore que « lors de leur intervention, les sapeurs-pompiers aient été victimes de tirs de mortier (d’artifice) et de tentatives de vol de matériel ».
« Cet incendie volontaire aurait pu avoir des conséquences humaines dramatiques. Je le condamne avec la plus grande fermeté et appelle chacun à le condamner sans la moindre ambiguïté : aucune revendication ne peut servir d’excuse ou de paravent à des criminels. Les auteurs répondront de leurs actes devant la justice », a réagi sur X le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray.
La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a de son côté évoqué des dégâts « très importants ». « Les auteurs doivent être retrouvés et répondre de leurs actes devant la justice », a-t-elle exhorté dans un communiqué. « Ces actes sont une honte car ils avaient un seul objectif : détruire les locaux éducatifs et blesser les personnels. On ne touche pas à l’Ecole de la République », a-t-elle ajouté, évoquant « plusieurs lycées pris pour cible à Toulouse et ses environs ».
Le préfet de région, Fabrice Rigoulet-Roze, et le recteur d’académie, Karim Benmiloud, se sont rendus sur place, condamnant « ces agissements avec la plus grande fermeté ».
« Au plus fort, cet incendie a mobilisé 60 sapeurs-pompiers et 14 engins », selon la préfecture. « Intervenue dans le contexte d’une journée de mobilisation donnant déjà lieu à de nombreuses tensions et appels à commettre des exactions, l’attaque violente d’un lycée par un groupe de casseurs constitue une atteinte d’une particulière gravité à l’intégrité physique des élèves », a-t-elle ajouté dans son communiqué.
L’incident a été immédiatement commenté par l’extrême droite. La candidate du Rassemblement national pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen, a dénoncé des images « insupportables ». « La crise sociale doit trouver des réponses politiques et nous y répondrons. Les émeutiers et les casseurs doivent être mis hors d’état de détruire et nous y veillerons », a-t-elle écrit sur X. Son allié, Eric Ciotti (UDR), a, lui, estimé que « la République s’effondre un peu plus chaque jour ».