Voice of Freedom Повна версія

Un policier de Carcassonne condamné à six mois de prison avec sursis pour « violences volontaires » sur une personne SDF

· Main news

Un policier poursuivi pour avoir violemment jeté à terre une personne SDF, a été condamné à six mois de prison avec sursis et à une interdiction d’exercer sur la voie publique pendant un an, vendredi 6 novembre, par le tribunal correctionnel de Carcassonne.

La juridiction a estimé que les « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » reprochées au fonctionnaire étaient constituées, même s’il est allé moins loin que les réquisitions du parquet, qui avait demandé trois ans d’interdiction d’exercer sur la voie publique, avec exécution immédiate.

Les faits, survenus en début de soirée le 21 juin, lors de la dernière Fête de la musique, avaient été rendus publics par une vidéo publiée mi-septembre sur les réseaux sociaux, quelques jours après un scandale provoqué par un autre enregistrement de policiers municipaux de Carcassonne, tenant des propos racistes, dans cette ville dirigée depuis mars par Christophe Barthès (Rassemblement national).

Sur les images, l’agent de la police nationale, accompagné de policiers municipaux, saisit par-derrière un jeune homme qu’il projette violemment par terre, devant plusieurs grosses enceintes. La victime, dont la tête heurte le sol avec force, se tient le crâne pendant quelques instants, avant d’être relevée par les policiers, sous les invectives d’un groupe de personnes choquées par le geste.

« Aucun lien entre les faits et le décès »

Le jeune homme de 29 ans, décrit par le tribunal comme un « marginal » qui vivait entre le domicile de ses parents et la rue, ainsi qu’un consommateur régulier de stupéfiants, était mort treize jours après. Mais « aucun lien entre les faits filmés et le décès » n’avait été établi par l’autopsie, selon le parquet.

Appelé à s’expliquer, le fonctionnaire de 43 ans, a déclaré avoir pensé que la victime « allait porter atteinte » à une policière municipale présente sur l’intervention, liée aux nuisances sonores provoquées par le groupe.

La présidente lui a fait remarquer que la victime était titubante, visiblement fortement alcoolisée, et que les autres policiers, interrogés par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), n’ont jamais affirmé s’être sentis en danger.

Une personne alcoolisée a un « tempérament imprévisible », a affirmé à la barre le policier, estimant que le jeune homme présentait donc une menace. A la présidente qui lui dit que la vidéo ne montre pas d’attitude agressive de la victime, visible les bras ballants, le policier a répondu que « l’angle de la caméra peut être trompeur » ou qu’il avait, avec la magistrate, « des différences de perception ».

« Je peux comprendre que les gens puissent être choqués par ces images », a-t-il ajouté, reconnaissant un « geste violent », mais dont l’intention était juste de « renvoyer » l’homme « sur le côté ».

Absence de regrets

« Je ne suis pas quelqu’un de violent, j’évite toujours la confrontation, j’ai la fibre sociale, je cherche toujours le dialogue », a également déclaré le prévenu, marié et père de trois enfants, actuellement en arrêt maladie.

La procureure de la République de Carcassonne, Géraldine Labialle, a déploré à l’audience que le policier n’ait pas exprimé de regrets concernant les faits, estimant qu’il s’agissait bien de violences volontaires.

« C’est un geste de violence, c’est ce qu’a vu l’opinion publique, c’est ce que voient les professionnels que nous sommes, c’est ce qu’a vu l’IGPN », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé qu’il ne s’agissait pas du « procès de la police nationale », mais du « procès d’un homme, d’un geste ». L’uniforme n’est ni synonyme de « présomption de culpabilité » ni d’« immunité pénale », a-t-elle dit, insistant sur la « mission extrêmement difficile » des forces de l’ordre.

Dans le hall du tribunal, une trentaine de policiers en civil étaient venus exprimer silencieusement leur soutien à leur collègue, tandis que, devant le palais de justice, une petite dizaine de personnes étaient venues faire part de leur solidarité à la famille.

Après le jugement, l’un des frères de la victime s’est dit devant la presse « soulagé ». « On a quand même un petit goût amer en bouche parce qu’il a longuement eu le temps de s’expliquer (…) beaucoup de perches lui ont été tendues aujourd’hui pour qu’il s’excuse ou qu’au moins il exprime un petit peu de regrets ;, ça n’a pas été le cas », a-t-il affirmé.

« Ce n’est pas grave, justice a été rendue, on va se contenter de ça », a-t-il ajouté.