Universités : un rapport préconise de quintupler les frais d’inscription, à 900 euros pour une licence et 1 300 euros pour un master
Les frais d’inscription à l’université pourraient quintupler pour atteindre 900 euros pour une année de licence et 1 300 euros pour un an de master, préconise un rapport consulté par l’Agence France-Presse et remis au gouvernement mercredi 24 juin, une augmentation qui « dégagerait autour de 1,5 milliard d’euros supplémentaires ».
« Si le modèle financier des universités n’évolue pas, il ne sera plus soutenable d’ici à 2030 », alerte ce rapport issu des assises du financement des universités lancées en janvier par le gouvernement. Il suggère d’augmenter les droits d’inscription pour les étudiants français et européens, fixés actuellement à 178 euros pour une année de licence, et 254 euros pour un master.
Il n’y aura « pas de changement des droits d’inscription l’année prochaine », a néanmoins répété en conférence de presse le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste, soit pour les rentrées 2026 et 2027.
« Une hausse modérée »
Actuellement, le montant des droits en licence et en master « représentent 1,9 % du coût estimé des formations dispensées », rappelle ce rapport de 117 pages, signé par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances et ex-directeur de cabinet de l’ancien premier ministre Michel Barnier, et Gilles Roussel, ex-président de l’université Gustave Eiffel.
Ils ont été missionnés en janvier par les ministres de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste, et des comptes publics, David Amiel, pour présider ces assises et aboutir à un « diagnostic partagé » sur la situation financière des universités, en difficulté.
Selon leur rapport, « une hausse modérée » des droits d’inscription « pour atteindre globalement 10 % des ressources universitaires », contre 3 % en 2025, « pourrait utilement contribuer à la soutenabilité financière des universités », « sans remettre en question l’égal accès à l’enseignement supérieur ».
Les droits des diplômes nationaux sont fixés par l’Etat et doivent demeurer « modiques », conformément aux jurisprudences du Conseil constitutionnel et du Conseil d’Etat. Augmenter les frais est l’un des « leviers » préconisés par le rapport pour faire face « à un risque majeur d’appauvrissement et de dysfonctionnement d’un nombre croissant d’universités si le modèle reste en l’état ».