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Violences sexuelles dans le périscolaire : le parquet fait appel après la relaxe d’un animateur à Paris

Violences sexuelles dans le périscolaire : le parquet fait appel après la relaxe d’un animateur à Paris

Le parquet de Paris a annoncé, mercredi 17 juin, avoir fait appel de la relaxe prononcée mardi au bénéfice d’un animateur du périscolaire parisien qui avait été poursuivi pour harcèlements et agressions sexuelles sur mineurs.

Dans son jugement, le tribunal correctionnel avait estimé que le comportement du quadragénaire mis en cause était certes « inapproprié », « en décalage avec le positionnement attendu dans le contexte de l’animation scolaire et l’âge des élèves », mais que l’enquête « n’avait pas démontré qu’il relevait d’un caractère humiliant ou dégradant, ni n’avait pour finalité propre la dégradation des conditions de vie des élèves ».

Le tribunal avait par ailleurs jugé que « si certains parents ont fait état d’éléments évocateurs de troubles psychologiques chez leurs enfants, les éléments du dossier ne permettaient pas d’attribuer précisément ces troubles au comportement inapproprié de l’animateur, lesquels pourraient davantage résulter du retentissement donné aux faits ».

Il s’agissait de la première affaire jugée depuis la multiplication des accusations de violences dans le périscolaire parisien : selon un bilan établi la semaine dernière, depuis début 2026, 132 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles.

« Au-delà du comportement inapproprié »

« Dans ce dossier, il semblait qu’il y avait énormément d’éléments qui établissaient que le comportement allait au-delà du comportement inapproprié », avait réagi l’avocate de cinq familles, Me Julie Chalumeau, selon laquelle « cette décision suscite une très grande incompréhension ». La mère de l’une des enfants, Pénélope Ponchelet, s’était pour sa part dite « indignée et en colère », en dénonçant « la lâcheté systémique d’institutions et de tribunaux d’une indulgence coupable ».

Lors de l’audience du 5 mai, qui s’était déroulée à huis clos, une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis avait été requise par le procureur à l’encontre de l’animateur.

Selon l’accusation, Nicolas G. avait coutume de surnommer certains enfants « la plus belle », « mon cœur », « la délicieuse », « mon bébé d’amour », « mon chaton » ou « mon trésor » en leur imposant de longs câlins, de leur raconter des histoires de viol, de prendre l’une des élèves sur ses genoux ou de toucher la poitrine d’une autre. « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », avait-il encore lancé à l’une des fillettes, tel que les enfants l’avaient rapporté à leurs parents.

Les magistrats avaient considéré que ces agissements n’étaient pas « constitutifs d’une infraction pénale », en relevant que l’agent municipal aurait néanmoins « dû faire l’objet de rappels à l’ordre » et d’une « formation ». L’agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire.

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