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A La Rochelle, des associations et des personnes sans abri mobilisées contre des arrêtés antimendicité

A La Rochelle, des associations et des personnes sans abri mobilisées contre des arrêtés antimendicité

Quelque « 50 à 60 » sans-abri et militants associatifs, selon les organisateurs, ont manifesté à La Rochelle, samedi 13 juin, contre l’application d’arrêtés antimendicité par le nouveau maire, Olivier Falorni (centre), menaçant d’établir un sit-in nocturne sur la voie publique s’ils ne sont pas entendus.

« On nous enlève le peu qu’on a : pouvoir faire la manche, avoir des couvertures », a déploré Laurent Maurisson, 54 ans, qui vit dans la rue. « Même la bière, on nous l’interdit. (…) Pourquoi les gens ont le droit de boire du vin blanc en terrasse avec leurs huîtres, et pas nous ? », a ajouté le quinquagénaire, surnommé « Lolo », auprès d’une correspondante de l’Agence France-Presse. Robin, sans-abri de 33 ans qui ne souhaite pas donner son nom, explique avoir dû arrêter de faire la manche avec sa chienne devant une supérette, « viré par les policiers ».

Les deux arrêtés, adoptés en 2023 et en 2025 par la précédente équipe municipale, interdisent « toutes occupations des rues (…) accompagnées ou non de sollicitations ou quêtes », ainsi que la détention de boissons alcoolisées ouvertes dans différentes rues du centre-ville de 9 heures à 22 heures.

Ces textes n’étaient jusque-là « pas vraiment appliqués, en tout cas pas par tous les policiers », assure Muriel Dumont, présidente de la Soupe solidaire et directrice de l’association Le Tôi Kétatous. « Là, les SDF sont chassés, il y a de la violence et des insultes », affirme la responsable associative, reçue jeudi par Olivier Falorni. « Il nous a écoutés, il faut voir si on a été entendus », a-t-elle commenté.

La mairie plaide le maintien de la tranquillité publique

Elle promet une « nouvelle mobilisation » samedi prochain « sous la forme d’une “Nuit des allongés” comme à l’époque de Michel Crépeau, l’ancien maire [1971-1999] qui avait pris un arrêté antimendicité mais avait finalement fait marche arrière ». Et elle envisage une « grève de la faim » avec les personnes sans abri à la fin de juin « si la situation n’évolue pas ».

La mairie dément que ces textes, qui « s’appliquent bien à tous », ciblent « une typologie de personnes », ajoutant qu’ils ont été pris pour « maintenir la tranquillité publique » face aux « réclamations répétées des riverains ».

Des arrêtés antimendicité ont été pris et contestés dans d’autres villes, dans le passé et récemment. Le 1er juin, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Besançon contre celui du nouveau maire, Ludovic Fagaut (Les Républicains). A Carcassonne en avril, la Ligue des droits de l’homme a attaqué une mesure du maire, Christophe Barthès (Rassemblement national), devant la justice administrative.

En mars, le Comité européen des droits sociaux, qui réunit des experts indépendants sous l’égide du Conseil de l’Europe, a estimé que ces arrêtés contrevenaient à la Charte sociale européenne.

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