Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a annoncé, dimanche 7 juin, qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d’ici au 14 juillet, dans le sillage de l’affaire Lyhanna.
« Je ne partirai pas en vacances » et « il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu’il n’aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour faire le bilan, a encore prévenu sur LCI le garde des sceaux, qui réunit lundi à 8 h 30, à la chancellerie, les procureurs généraux. Il donnera ensuite une conférence de presse à 10 h 30.
Jérôme B. nie toute implication face aux enquêteurs dans la mort de l’enfant, disparue le 29 mai après avoir été filmée alors qu’elle montait à bord de sa voiture. Interrogé par la juge d’instruction du parquet d’Agen, il a refusé de répondre à la moindre question.
Gérald Darmanin présente ses « excuses au nom de la justice »
Quatre plaintes pour viols sur mineurs et deux signalements, dont un pour « comportement inapproprié » envers une lycéenne, visent Jérôme B., mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration avant d’être incarcéré. Malgré des soupçons de pédocriminalité, il n’avait jamais été entendu auparavant par les enquêteurs. Selon la procureure de la République d’Auch, il avait fait l’objet de plaintes pour viol sur mineur en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. Une enquête est en cours pour la seconde.
Cette seconde plainte suscite la colère : déposée en août 2025, le parquet de Toulouse l’a transmise au parquet d’Auch, les faits s’étant produits à Montestruc-sur-Gers, où habitait Jérôme B. Selon la procureure d’Auch, elle n’a été reçue qu’en décembre 2025, puis transmise à la gendarmerie en janvier 2026. Jérôme B. n’a jamais été entendu dans cette affaire.
Ces dysfonctionnements ont été pointés du doigt jusqu’au sommet de l’Etat, qui a accablé l’institution judiciaire. Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a présenté vendredi ses « excuses au nom de la justice » à la famille de Lyhanna. « Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement (…) et c’est inacceptable », a de son côté déclaré Emmanuel Macron, qui ne veut « entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ».