C’est bien plus que la seule ville de Fleurance qui s’est réunie, dimanche 7 juin, dans cette commune du Gers, pour la marche blanche organisée en hommage à Lyhanna, la collégienne de 11 ans, tuée après sa disparition le 29 mai. Domiciliés à Toulouse, Andréa, 23 ans, et Olivier (toutes les personnes citées par leur prénom n’ont pas souhaité donner leur nom de famille), 30 ans, ont abrégé leur week-end dans le bassin d’Arcachon pour participer à la manifestation silencieuse. « On est très touchés, dit la jeune femme, son berger des Shetland dans les bras. Le Gers, c’est l’endroit où l’on projette de s’installer et de fonder une famille. Parce que c’est paisible, parce que c’est le terroir. »
Un autre couple, Olivier et Sylvie, 56 et 55 ans, a roulé plus de 100 kilomètres pour venir de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) : « Nous avons de la colère en nous, surtout de la colère, indique le premier, enseignant en lycée professionnel. Il faut que les gens qui nous gouvernent fassent le boulot. Plus on est nombreux, plus on a de chances de faire bouger les choses. » Le même raisonnement a poussé Caroline, vétérinaire de 56 ans, et Christophe, ingénieur de 64 ans, à faire le chemin depuis Langon, en Gironde. « C’est révoltant que personne ne protège les femmes et les enfants, s’insurge Caroline. On ne peut pas dire que cette affaire est une erreur. C’est systémique. »
D’après la préfecture du Gers, environ 6 000 personnes ont arpenté les rues de Fleurance. C’est autant de personnes que la population de la commune. Dans la foule vêtue de blanc, les regards cherchaient les visages des parents de Lyhanna, qui ont défilé en tête de cortège. A la fin de la marche, ils n’ont pas pris la parole à la tribune, laissant la « tatie » de leur fille le faire pour eux : « Notre petit monde, tout entier, s’est écroulé », a-t-elle soufflé, demandant à Lyhanna « pardon pour ce que tu as vécu ». L’homme soupçonné d’avoir enlevé et tué la collégienne, Jérôme B., un habitant d’un village voisin, est en détention provisoire – il nie les faits.
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